Vaccin contre le coronavirus : "Je me réjouis que Sanofi ait clarifié les propos de son directeur général", assure Frédérique Vidal

Frédérique Vidal, ministre de l\'Enseignement supérieur, invitée sur franceinfo le 14 février 2018
Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, invitée sur franceinfo le 14 février 2018 (Jean-Christophe Bourdillat / RADIO FRANCE)

La ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation a réagi sur franceinfo à l'annonce du directeur général du laboratoire français Sanofi qu'il servira d'abord les États-Unis s'il trouve un vaccin contre le Covid-19.

Mercredi 13 mai au soir, le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, a d'abord indiqué que le laboratoire français servirait les États-Unis en premier s'il trouvait un vaccin contre le nouveau coronavirus, en raison d'un partenariat. "Nous nous sommes toujours engagés à ce que dans ces circonstances sans précédent, notre vaccin soit accessible à tous", a nuancé le laboratoire dans un communiqué envoyé quelques heures plus tard. "Nous serons en capacité, bien sûr si c'est le vaccin de Sanofi qui fonctionne, de pouvoir en disposer sur le territoire", a pour sa part affirmé Frédérique Vidal jeudi sur franceinfo. "Je me réjouis que l'entreprise ait clarifié les propos de son directeur général", a commenté la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. 

franceinfo : Est-il normal qu'un groupe privé français, le laboratoire Sanofi, annonce qu'il réservera la primeur d'un éventuel vaccin au marché américain ?

Frédérique Vidal : S'il le faisait, ce serait évidemment incompréhensible et indigne. Mais Sanofi a immédiatement fait un correctif à la dépêche de Bloomberg, pour indiquer que le vaccin serait bien accessible à tous les pays. Donc, évidemment, je me réjouis que cette annonce ait été faite.

Pourtant, c'est le directeur général britannique du groupe qui a fait cette annonce. Ce n'est pas lui qui décide ?

Si, mais les précisions ont été apportées par le groupe et au nom du groupe. Je me réjouis que l'entreprise ait clarifié les propos de son directeur général. Cela a suscité évidemment une émotion légitime. Le président de la République l'a rappelé : trouver un vaccin, c'est une priorité absolue. Et ce vaccin devra être un bien public mondial, c'est-à-dire mis à la disposition de tous lorsqu'il existera. C'est exactement le sens de ce qui s'est passé la semaine dernière au niveau européen avec une levée de 7,4 milliards d'euros, qui vont permettre au gouvernement de développer des vaccins et de pouvoir les mettre, dès qu'ils seront produits, à la disposition de tous. Je pense que les précisions ont été largement apportées par le groupe Sanofi dans son ensemble.

Vous allez joindre Olivier Bogillot, le président de Sanofi France, pour être bien sûrs que les vaccins fabriqués par une entreprise française seront aussi utilisés en France en même temps que dans les autres pays ?

Ça a déjà été pris en charge à la fois par le ministère de l'Économie et des Finances et par le ministère de la Santé et nous sommes bien clairs, nous serons en capacité, bien sûr si c'est le vaccin de Sanofi qui fonctionne, de pouvoir en disposer sur le territoire. Le vaccin doit être un bien mondial. C'est une pandémie qui a touché l'ensemble des pays et nous devons faire montre de solidarité dans cette situation. C'est pourquoi, au niveau européen, au niveau français, l'objectif est bien de produire un vaccin qui puisse être mis à la disposition de tous ceux qui en auront besoin pour être vaccinés. Vous voyez bien à quelle vitesse ce virus s'est propagé dans le monde, ça n'aurait pas de sens de ne pas protéger l'ensemble de la population mondiale.

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