"Une super alternative" : à Reims, une couturière utilise des sacs poubelle pour fabriquer des blouses pour se protéger du coronavirus

Agathe Lefeuvre a conçu un prototype de blouse pour les soignants, qu’elle a publié sur internet (capture écran).
Agathe Lefeuvre a conçu un prototype de blouse pour les soignants, qu’elle a publié sur internet (capture écran). (FACEBOOK)

Une jeune femme, qui fabrique habituellement des nœuds papillons et des cravates, a inventé une solution de secours pour palier au manque de blouses dans les établissements de santé.

Il n’y a pas que pour les masques que le système D fonctionne à plein régime. Depuis le début du confinement, certains hôpitaux et Ehpad cherchent des solutions pour compenser le manque de matériel pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, comme les surblouses. 

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Elle a l’habitude de travailler avec des tissus précieux pour habiller des mariés et fabriquer des nœuds papillon ou des cravates. Mais cette fois, la matière première était tout autre pour Agathe Lefeuvre. Elle a utilisé des sacs poubelle distribués par la ville de Reims : "C’est un peu par hasard que l’on s’est rendu compte que le sac polypropylène est une super alternative. C’est pas cher, c'est jetable et c’est fabriqué en France."

Des milliers de blouses gratuites

En tout juste quatre heures, Agathe Lefeuvre conçoit un prototype de blouse pour les soignants, qu’elle publie sur internet en version texte, photos et vidéo. "Je me suis rendu compte que la couture, c’est mort pour le plastique, explique-t-elle. Par contre leur méthode de fabrication c’est le thermocollage qui donne quelque chose de super solide, d’étanche et surtout d’accessible à tout le monde."

Il suffit d’avoir un fer à repasser, du papier sulfurisé et deux sacs poubelle chez soi pour fabriquer une blouse.Agathe Lefeuvre, couturièreà franceinfo

Des ateliers de travailleurs handicapés s’emparent du projet ainsi que des bénévoles. Au final, des milliers de blouses gratuites sont fournies à l’hôpital de Chalons-en-Champagne.

Une production à grande échelle

Au départ du projet, il y a un autre Champenois, Emmanuel Chochoy, directeur commercial chez Engie, qui a décidé de mettre en lien les différents acteurs de son réseau : "J’ai vite compris que les acheteurs du public allaient avoir certainement des difficultés en termes d’approvisionnement de matériel. Au fil de l’eau et des besoins, on reçoit les demandes urgentes, que ce soit des besoins matériels ou de services, et j’envoie ensuite dans le groupe d’une centaine d’acheteurs industriels qui essayent de trouver des solutions rapidement."

Ce système a permis de réaliser des choses assez extraordinaires.Emmanuel Chochoy, directeur commercial chez Engieà franceinfo

Grâce à ces multiples mises en relation, un industriel local est aujourd’hui prêt pour produire à grande échelle les fameuses blouses. En attendant, le modèle est déjà adopté par certains Ehpad qui en fabriquent parfois plusieurs centaines, et pas seulement dans la région.

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