Trois questions sur les tests sérologiques bientôt remboursés

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La Haute autorité de santé s’était prononcée il y a quelques jours en faveur du remboursement par l’Assurance maladie de certains tests sérologiques et dans certaines conditions. La Haute autorité avait prévenu que son avis ne concernait que les tests à la fiabilité validée. Le ministère de la Santé vient de publier une liste des tests sérologiques homologués. Dans cette liste, 23 modèles de tests sont jugés fiables.

Qu'est-ce qu'un test sérologique ?

Les tests sérologiques sont ceux effectués par prélèvements sanguins et sont censés détecter si vous avez développé des anticorps qui montrent que vous avez été en contact avec le virus.

Il en existe de plusieurs sortes. Le test automatisable dit "Elisa" consiste en une prise de sang réalisée en laboratoire. Les résultats peuvent être disponibles dans la journée. Il existe aussi des dépistages sérologiques unitaires, comme les tests d’orientation rapide de diagnostic (TROD), réalisés par un médecin ou un pharmacien. Ils consistent à prélever une goutte de sang au bout du doigt. Les résultats sont connus en quelques minutes. Sur les 23 tests homologués par les autorités de santé, sept sont des tests Elisa, seize sont des tests rapides.

Les tests sérologiques peuvent être réalisés à partir du septième jour qui suit l’apparition des symptômes pour les patients symptomatiques graves hospitalisés et à partir du quatorzième jour qui suit l’apparition des symptômes pour les patients qui présentent des symptômes sans signe de gravité.

Quels tests et quelles populations seront concernés par un remboursement?

Les conditions de prescription et de remboursement doivent être précisées par décret. Les tests sérologiques seront remboursés pour tous ceux qui ont une prescription "dès le début de la semaine prochaine", avait annoncé mercredi 20 mai sur franceinfo Nicolas Revel, directeur général de l'Assurance maladie. L'Assurance maladie avait également précisé à franceinfo que ces tests seraient réservés en priorité aux personnels soignants.

Si les recommandations de la Haute autorité de santé sont suivies, les prescriptions pourraient également concerner ce qu’on appelle les diagnostics de rattrapage : les cas de patients qui ont eu des symptômes mais qui n’ont pas eu, à ce moment là, de tests virologiques (ces tests par écouvillons dans le nez recommandés pour déterminer si un patient est atteint par le Covid-19).

Les tests sérologiques pourraient aussi être prescrits et remboursés quand après le test virologique, il y a un doute, avec par exemple un test virologique négatif alors qu’il y a pourtant des symptômes de covid. Ils pourraient enfin servir à détecter des anticorps chez les personnels soignants, dans les Ehpad, ou les prisons.

A quoi vont servir ces tests?

Les tests sérologiques ne sont pas, a rappelé à plusieurs reprises la Haute autorité de santé, recommandés pour un diagnostic précoce de la maladie et ne permettent pas de statuer sur la contagiosité de la personne.

Un test positif permet de montrer qu'on a croisé le virus et développé des anticorps mais ne garantit pas, en l'état actuel des connaissances, d’être totalement immunisé et prémuni contre une seconde infection. Il donne en revanche une indication et permet d'affiner les diagnostics dans certains cas.

La prescription de ces tests a également pour but de mieux connaître le virus, l’épidémie, son évolution et sa propagation. Cela devrait permettre d'affiner la proportion de la population ayant été en contact avec ce virus afin de pouvoir mieux se projeter et anticiper la suite. La Haute autorité de santé a déjà publié à ce sujet des rapports d'évaluation et notes de cadrages, destinés à être affinés au fur et à mesure des connaissances. 

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