Tour de Suisse cycliste virtuel : "Ce genre d’événement est peut-être un modèle pour le jour d’après" le confinement juge un économiste du sport

Le coureur suisse Stefan Kueng s\'entraîne à domicile pour le Tour de Suisse cycliste virtuel, du 22 au 26 avril.
Le coureur suisse Stefan Kueng s'entraîne à domicile pour le Tour de Suisse cycliste virtuel, du 22 au 26 avril. (GIAN EHRENZELLER / KEYSTONE)

"Cette course virtuelle permet de préserver un peu d'exposition et d'attractivité marketing et médiatique pour un sport et pour des compétitions en stand-by.", estime Virgile Caillet. 

Tous confinés à la maison devant un écran en train de pédaler sur leur home-trainer connecté : le Tour de Suisse cycliste virtuel, diffusé sur la chaîne L’Équipe, démarre mercredi 22 avril jusqu’au dimanche 26 et rassemblera 19 équipes professionnelles. Sur la ligne de départ, quelques stars, à l'image de Julian Alaphilippe, Romain Bardet ou Vincenzo Nibali.

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"Ce genre d’événement est peut-être un modèle qu’il va falloir envisager pour le jour d’après" le confinement, explique sur franceinfo Virgile Caillet, délégué général d’Union Sport & Cycle et spécialiste de l’économie du sport. Pour Virgile Caillet, l’enjeu est également financier : il faut "maintenir une forme d'attractivité sur le plan du marketing" en direction des annonceurs. Mais le but est également de permettre aux médias qui "n'ont rien à se mettre sous la dent", en termes de diffusions sportives en direct, d’attirer d’autres téléspectateurs.

franceinfo : Peut-on imaginer que ce genre d’événement, une compétition virtuelle de cyclisme, puisse devenir une piste sérieuse sur ce que doit devenir le sport dans les prochains mois avec le contexte sanitaire que nous connaissons ?

Virgile Caillet : Une piste sérieuse, je ne sais pas. Mais en tout cas, ce genre d’événement est extrêmement important pour les organisateurs, pour les équipes. Mais aussi pour les cyclistes eux-mêmes, afin qu’ils restent dans l’ambiance et l’atmosphère du cyclisme. Même s’ils vont se retrouver dans un schéma totalement atypique. C'est important parce que sinon, le calendrier cycliste est à l'arrêt complet. Cette course virtuelle permet de préserver un peu d'exposition et d'attractivité marketing et médiatique pour un sport et pour des compétitions en stand-by. Donc oui, c’est important, même si ce n’est probablement pas l’avenir, en tout cas à très court terme. Mais ce genre d’événement, c’est peut-être une solution, un modèle qu’il va falloir envisager pour le jour d’après.

Y a-t-il aussi une question financière derrière cette compétition ?

Il y a évidemment un enjeu financier et économique. Des événements sportifs n'auront pas lieu du tout cette année à cause du coronavirus et du confinement. Il faut donc quand même parvenir à préserver les intérêts des partenaires. Ce genre d’événement est également important pour l'ensemble de l'écosystème cycliste, les sponsors, les financeurs des équipes. Ce sont des gens qui ont mis de l'argent pour être cités, pour être nommés, pour être vus dans les compétitions cyclistes. Or là, si tout est à l'arrêt, on pourrait craindre une forme de désaffection de ces annonceurs. C’est donc primordial d'arriver à maintenir une forme d'attractivité sur le plan du marketing.

Qu’est-ce que les médias qui diffusent ce genre d’événement ont à y gagner ?

Nous vivons un moment peu particulier, parce que la plupart des médias n'ont rien à se mettre sous la dent, si j'ose dire, avec cette période de confinement. Et là, malgré tout, on arrive à offrir des compétitions au téléspectateur. Alors certes, on est vraiment dans le spectacle sportif, mais c'est une compétition originale qui peut faire de l'effet. Et je trouve que de la part de Jérôme Saporito (directeur de la chaîne L’Équipe), c'est malin. C'est une bonne opération que d'offrir quelque chose de totalement inédit. On est un peu dans l’e-sport, comme ce qui se fait dans le football. Là, on va voir de vrais cyclistes, mais dans un schéma virtuel.

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