"Stratégie défensive", "caractère d'improvisation", "le ton a changé", les réactions politiques au discours d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée, le 13 avril 2020.
Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée, le 13 avril 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

L'allocution présidentielle d'Emmanuel Macron, le 13 avril 2020, n'a pas convaincu ses opposants politiques. 

Emmanuel Macron a annoncé, lundi 13 avril, une fin du confinement prévue pour le 11 mai. Pour cette quatrième allocution dédiée à la crise sanitaire du Covid-19, le chef de l'Etat a également fait un début de mea culpa, reconnaissant que la France n'était "à l'évidence pas assez préparée".

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"On ne sait pas bien pourquoi cette date, ni quelle est la stratégie qui va lui permettre de l'atteindre", réagit sur franceinfo Adrien Quatennens, coordinateur de La France Insoumise et député du Nord. "Puisque le discours avait été décalé dans le temps, je m'attendais à un discours de plus grande envergure, avec un plus grand niveau de détails", indique le député insoumis qui craint "que le président de la République soit en train d'engager le pays vers le déconfinement de la même manière qu'il avait engagé le confinement, c'est à dire sans planification, avec un niveau d'improvisation qui me laisse un peu pantois".

"J'ai trouvé que le ton avait changé, même si c'est un petit peu le service minimum du mea-culpa", indique sur franceinfo Valérie Boyer, députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône. Valérie Boyer s'interroge également sur la reprise des cours pour les écoliers. "Quelle protection? Quelle stratégie particulière pour les enseignants qui vont être confrontés à des enfants, à des ados asymptomatiques, comment faire pour les protéger ? Comment vont se dérouler les cours?"

"Un certain amateurisme" 

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national et député du Nord, a dénoncé la "stratégie défensive" d’Emmanuel Macron qui "masque un certain amateurisme". "Le président a passé beaucoup de temps dans une sorte d'auto-justification de ce qu'il faut bien appeler aujourd'hui un fiasco", a critiqué Sébastien Chenu. Selon le député du Nord, le chef d’État n’a pas réussi à rassurer : "Ce sont des pansements ici et là, mais qui ne permettent pas de tracer des perspectives. Que vont devenir nos coiffeurs, nos fleuristes, nos restaurateurs ? Rien. Ils ne le savent pas plus demain qu'aujourd'hui, ce qu'ils vont devenir. Que vont devenir les gens qui souhaitent reprendre une vie professionnelle? Ils ne le savent pas", a-t-il estimé. 

"Des perspectives et des échéances"

Emmanuel Macron a tenu "un discours de vérité" qui donne "des perspectives et des échéances", estime de son côté Marie Lebec, députée des Yvelines, 1ère vice-présidente du groupe LREM. D'après elle, ce discours est "dessine la ligne de ce que pourra être la France d'après, et les nouvelles solidarités que nous allons devoir créer, les nouveaux enjeux économiques auxquels nous allons devoir faire face et comment nous allons pouvoir nous réinventer". La député LREM salue en particulier "des mesures fortes en faveur des familles les plus précaires et les plus modestes".

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