Site Renault de Dieppe : "Il nous appartient désormais de faire des propositions concrètes pour démontrer qu'il y a un avenir pour Alpine"

Sébastien Jumel, le 21 juin 2017. 
Sébastien Jumel, le 21 juin 2017.  (THOMAS SAMSON / AFP)

Le député PCF de Seine-Maritime Sébastien Jumel appelle vendredi sur franceinfo à recouvrer une souveraineté industrielle en France, après l'annonce du plan d'économies de Renault qui prévoit notamment la suppression de 4 600 emplois en France.

"Il nous appartient désormais de faire des propositions concrètes pour démontrer qu'il y a un avenir pour l'usine Alpine de Dieppe", a réagi le député de Seine-Maritime Sébastien Jumel (PCF) sur franceinfo vendredi 29 mai. Le site de Dieppe n'est pas à ce stade menacé directement par le plan d'économies de Renault qui prévoit notamment la suppression de 4 600 emplois en France. Mais le site est en sursis, même si la production est assurée jusqu’en 2023. "Alpine, c'est l'ADN de Dieppe, c'est le symbole de ce que devrait être la feuille de route du gouvernement. Il faut recouvrer une souveraineté industrielle en France”, a notamment demandé le député.

franceinfo : Quels sont les éléments que vous avez sur l'avenir du site ?

Sébastien Jumel : Dieppe, c'était le symbole du made in France possible, du made in France nécessaire. Et Dieppe, c'était le symbole d'une entreprise à dimension humaine où le travail des ouvriers est un travail d'orfèvre, où l'entreprise est ultra moderne, donc il ne pouvait pas être question de fermer ce site. J'ai dit ça, Bruno Le Maire et à Jean-Dominique Senard en leur disant aussi que s’il n'y a pas d'avenir pour Alpine sans Dieppe, qu'il n'y a pas d'avenir pour le premium Renault sans Dieppe. Alors on obtient ce sursis qui est quand même pour nous une bouffée d'oxygène. Il nous appartient désormais de faire des propositions concrètes pour démontrer qu'il y a un avenir pour Alpine.

Quelles sont les pistes pour assurer un avenir à l’usine Alpine de Dieppe ?

J'ai fait ça en lien avec les organisations syndicales, localement, et nationalement. Il faut densifier la commercialisation en Grande-Bretagne et en Allemagne pour l’Alpine 110, qui est un beau véhicule qui se vend très bien en France et qui doit mieux se vendre en Europe. Il faut déclencher l'Alpine de demain et peut-être accompagner Alpine à prendre le virage électrique. Il faut aussi intégrer le fait que cette entreprise à dimension humaine a un savoir-faire inégalé. Par exemple, on fait des tôles en aluminium riveté. On peut aussi produire d'autres véhicules. J’ai en tête cette proposition d'une industrie lyonnaise qui pourrait faire des minibus autonomes électriques. Notre usine sait faire cela. Il faudra donc additionner ces exercices-là, additionner ces intelligences. Alpine, c'est l'ADN de Dieppe et Alpine, c'est le symbole de ce qui devrait être la feuille de route du gouvernement. Il faut recouvrer une souveraineté industrielle en France.

Vous avez le soutien du gouvernement pour sauver le site de Dieppe ?

J’ai écrit une lettre à Emmanuel Macron, j’ai posé une question d'actualité mardi à l'Assemblée nationale, j’ai eu de nombreux contacts téléphoniques avec Bruno Le Maire qui était venu sur le site. J'avais exposé l'Alpine à Matignon. Tout cela m'a permis de dire écoutez, vous ne pouvez pas inaugurer en 2017 cette usine d'Alpine en disant c’est l'avenir de la France et tolérer qu'on ferme le site trois ans après. Et donc je pense que ces efforts-là, l'intelligence ouvrière, la force de proposition que représentent les organisations syndicales a permis à l'Etat de mettre son veto à la fermeture du site et nous permet aujourd'hui d'avoir du temps, non pas pour rester les bras croisés, mais pour travailler à l'avenir du site en lien avec la direction de Renault.

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