"Si nous ne parvenons pas à faire revenir les touristes, nous allons avoir de sérieux problèmes" : en partie reconfiné, le Portugal s'inquiète pour sa saison estivale

Une touriste à Cascais, près de Lisbonne, le 26 mai 2020.
Une touriste à Cascais, près de Lisbonne, le 26 mai 2020. (PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)

Le tourisme représente l'un des piliers de l'économie portugaise. Si les frontières ont rouvert, les visiteurs internationaux tardent à revenir, au grand dam des professionnels du secteur.

Sur le port de la ville de Setúbal, à 40 minutes au sud de Lisbonne, il n'y a pas grand-monde devant le quai du ferry qui assure la traversée vers la presqu'île de Comporta. "Normalement, à cette époque de l'année, il y a plein de monde, ici, c'est plein de touristes qui vont à la plage", raconte Brigitte, une jeune Allemande. Cette fois, c'est la seule touriste étrangère à monter sur le bateau qui se dirige vers les plages situées sur l'autre rive, à une vingtaine de minutes.

Le Portugal espère relancer le secteur touristique, un des piliers de sa croissance, paralysé par la crise du coronavirus. Les frontières avec son voisin espagnol ont rouvert mercredi 1er juillet. Mais le doute persiste, les autorités portugaises ont pris ces derniers jours des mesures de restriction dans la région de la capitale après l’apparition de plusieurs foyers de contamination.

Nous avons songé à annuler, mais comme nous avons réservé il y a longtemps, on a donc décidé de venir malgré tout.Brigitte, une jeune touriste allemandeà franceinfo

Brigitte profite d'un paysage à couper le souffle dans ce secteur. "Nous sommes dans un paradis. Le sable est blanc, la mer est bleue, comme le ciel. Tous les jours, des dauphins viennent nous rendre visite", décrit Patricia, la gérante de la principale plage de Comporta. La capacité y est plafonnée, les règles de distanciation sociale respectées. Mais les touristes internationaux font défaut. "Bien sûr que nous sommes inquiets. Tout le monde a peur et c'est partout dans le monde, pas seulement au Portugal. On verra bien ce qui va se passer", poursuit la professionnelle.

Près de 400 000 emplois dépendent du tourisme

Sauver la saison touristique, c'est l'objectif de Luis Araujo, le président de l'organisme public Turismo de Portugal, fier de ses 18 millions d'étrangers qui visitent le pays chaque année. "Si nous ne parvenons pas à faire revenir le même nombre de touristes, nous allons avoir de sérieux problèmes sur le plan économique. Il y aura plus de chômage, les gens vont perdre leur travail. Le tourisme au Portugal, c'est près de 400 000 personnes."

Il faut bien comprendre que 10% de la main d'œuvre au Portugal dépend du tourisme.Luis Araujo, le président de Turismo de Portugalà franceinfo

Pour éviter le pire, Luis Araujo compte sur le soutien de la diaspora portugaise, très nombreuse à travers le monde : "Ils viennent chaque année et je suis certain qu'ils reviendront cette année encore. C'est le moment d'aider le pays, d'aider l'économie, de venir en aide aux personnes qui dépendent du tourisme. C'est le moment de s'engager." La manne touristique avait permis de redresser l'économie du Portugal avant la crise du coronavirus.

Les touristes étrangers tardent à revenir au Portugal, les professionnels s'inquiètent.
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