Second tour des élections municipales : "On aurait pu tester le vote par correspondance", estime le médecin Jean-Paul Hamon

Dans un bureau de vote à Mulhouse (Haut-Rhin) lors du premier tour des élections municipales, le 15 mars 2020 (phot d\'illustration).
Dans un bureau de vote à Mulhouse (Haut-Rhin) lors du premier tour des élections municipales, le 15 mars 2020 (phot d'illustration). (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le second tour des élections municipales doit se tenir le 28 juin prochain, ont annoncé le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur vendredi depuis l'hôtel de Matignon.

"Si vraiment les gens ont des masques, s'il y a du gel partout, que les assesseurs sont bien protégés, la tenue du second tour des élections municipales est jouable", estime sur franceinfo vendredi 22 mai Jean-Paul Hamon, médecin généraliste et président de la Fédération des Médecins de France. Le gouvernement a annoncé vendredi que le second tour des élections municipales doit finalement avoir lieu le 28 juin prochain dans près de 5 000 communes. Jean-Paul Hamon regrette que le gouvernement ait écarté la possibilité d'un vote par correspondance : "On aurait pu le tester, ça aurait peut-être permis d'éviter les abstentions".

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franceinfo : Les mesures annoncées par Edouard Philippe et Christophe Castaner concernant le second tour des élections municipales vous paraissent-elles suffisantes d'un point de vue sanitaire ?

Jean-Paul Hamon : Si vraiment les gens ont des masques, s'il y a du gel partout, que les assesseurs sont bien protégés, c'est jouable. Je pense qu'on aurait pu tester le vote par correspondance, ça aurait peut-être permis d'éviter les abstentions, car il y a des gens qui vont certainement ne pas se déplacer. On peut toujours faire du porte-à-porte en respectant les distances barrières. C'était l'occasion de faire une autre campagne. Et je pense qu'avec le vote par correspondance, on aurait pu éviter un trop plein dans les bureaux de vote.

Conseillez-vous de faire le maximum possible de procurations ?

C'est sûrement une chose qui est possible, mais en même temps, dans les bureaux de vote, si on fait une file d'attente, si les gens sont aussi disciplinés que quand ils vont faire leurs courses, à un ou deux mètres de distance et qu'ils portent des masques, il n'y a aucune raison de ne pas faire ces élections. J'avais trouvé que c'était très imprudent d'organiser le premier tour parce qu'on était dans une épidémie qui flambait. Je trouvais que ce n'était pas raisonnable d'organiser le premier tour et on a vu qu'il y a eu pas mal de monde qui ont été contaminés à cette occasion-là. Autant maintenant on voit que ça se calme, même s'il faut encore attendre une petite semaine avant de voir si le nombre de cas augmente. Mais maintenant qu'on est équipé à peu près correctement, avec des tests pour tester rapidement les gens qui présentent des symptômes, avec un personnel soignant protégé correctement, je pense que l'on contrôle quand même pas mal la chose.

Comment pourrait se dérouler, selon vous, la campagne électorale ?

C'est sûr que mener une campagne électorale sans serrer les mains, sans aller dans les marchés pour voir les commerçants ou les consommateurs en respectant les mesures barrières, en étant entouré d'un minimum d’équipes, ça paraît un petit peu acrobatique. C'est pour ça que je trouvais plutôt sympa le porte-à-porte, ça fait mouiller la chemise, ça fait rencontrer des gens. On peut très bien aller chez des gens ou au moins rester sur leur palier en respectant les mesures barrières. Il faut faire une campagne sans tract. Quand vous distribuez un tract à quelqu'un qui a les mains nues, il faut avoir une tonne de gel car là la contamination est maximale. Quant à ce que dit Christophe Castaner, sur une campagne numérique, il n'a pas dû entendre ce que dit le ministre de l'Education nationale qui a réalisé qu'il y avait une fracture numérique. Il y a beaucoup de gens qui, justement, n'ont pas 50 ordinateurs chez eux, voire pas du tout.

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