"S'entraîner seule, c'est compliqué" : Marie Patouillet, vice-championne de para-cyclisme et médecin généraliste, s'adapte à l'épidémie de coronavirus

 Marie Patouillet lors de la de la Coupe du monde de cyclisme sur piste au VeloPark de Lee Valley à Londres, le 14 décembre 2018.
 Marie Patouillet lors de la de la Coupe du monde de cyclisme sur piste au VeloPark de Lee Valley à Londres, le 14 décembre 2018. (PAUL HARDING / MAXPPP)

Le confinement va toucher à sa fin mais le travail va encore continuer de longues semaines, voire de longs mois pour le corps médical. Portrait de Marie Patouillet, une medecin généraliste qui est aussi vice-championne de para-cyclisme. 

Le matin, Marie Patouillet porte la blouse blanche et le masque. Elle accueille dans son cabinet de nombreux patients atteints du coronavirus. "En tant que médecin, on est quand même exposés au Covid, explique-t-elle. On n'est pas à l'abri de le contracter ou d'être asymptomatiques. Et faire à la fois du sport de haut niveau, c'est assez contradictoire."

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Cette médecin généraliste, qui exerce dans les Yvelines, est aussi vice-championne de para-cylisme. "Il a fallu adapter mon entraînement qui est devenu beaucoup plus spécifique et beaucoup moins dans l'intensité au niveau cardiaque. Avec mon entraîneur, on a essayés de s'adapter à la situation, avec la fatigue aussi que ça engendre." Une fatigue liée au changement de rythme, "parce que passer de deux jours par semaine à une journée ou une semaine complète, c'est différent", indique-t-elle. Mais, on s'est adaptés et on ne s'en sort pas trop mal."

Mes dernières données sur le vélo montrent que je suis fatiguée.Marie Patouillet, médecin et vice-championne de para-cylismeà franceinfo

La crainte de la maladie n’est jamais loin : "Après, je n'ai pas eu de symptômes, je me porte assez bien. Donc, je n'y pense pas trop et tant que je me protège ça devrait aller."

Marie Patouillet assure également des vacations au centre Covid-19 de Créteil, dans le département du Val-de-Marne, une à deux fois par semaine. "On quitte le cabinet, je c ommence par retirer le masque et également la blouse qui va être lavée le soirmême. Et puis ensuite, je vais me laver les mains", décrit la cycliste. À quelques kilomètres de son cabinet, elle retrouve son vélo d'appartement installé dans le garage de ses parents, "et c'est parti pour la deuxième partie de la journée".

Une partie de journée pour se "vider la tête"

"S'entraîner seule, c'est compliqué, confie Marie Patouillet, c'est quand même mieux d'avoir son vélo de piste et puis une vraie salle de musculation pour pouvoir travailler. J'ai vraiment le minimum syndical, même si je pense que par rapport à d'autres athlètes, je ne suis pas à plaindre", dit-elle. Après de longues journées de travail, "si on retire le bruit du néon, c'est un moment où j'essaye en tout cas de déconnecter de ma journée de travail, explique la championne de cyclisme. En tant que médecin, je n'y arrive pas toujours, mais quand j'y arrive, ça fait vraiment du bien à la tête".

L'épidémie et la surcharge de travail l'ont empêchée de se préparer comme elle l'avait prévu. Du coup, le report des Jeux paralympiques à l'été 2021 est presque devenu une bonne nouvelle.

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