Royaume-Uni : les voyageurs de l'étranger soumis à une quarantaine à partir de lundi

Un passager arrive à l\'aéroport d\'Heathrow, à Londres, le 22 mai 2020. 
Un passager arrive à l'aéroport d'Heathrow, à Londres, le 22 mai 2020.  (TOLGA AKMEN / AFP)

Cette mesure à l'efficacité contestée affole les secteurs aérien et touristique.

Toute personne arrivant au Royaume-Uni de l'étranger doit observer à partir du lundi 8 juin une quarantaine de 14 jours. L'objectif est d'éviter l'importation de nouveaux cas de coronavirus dans le pays. Cette quatorzaine, qui sera réexaminée par le gouvernement britannique toutes les trois semaines, concerne toutes les arrivées par terre, mer et air, que les voyageurs résident ou pas au Royaume-Uni. Des contrôles aléatoires seront mis en œuvre et les contrevenants s'exposent à une amende de 1 000 livres (environ 1 120 euros).

"Nous introduisons cette quarantaine parce que comme le nombre de nouvelles infections diminue, la proportion d'infections provenant de l'étranger augmente", a justifié le ministre de la Santé, Matt Hancock, sur la chaîne de télévision Sky News. "J'espère vraiment que les gens pourront prendre l'avion, partir en vacances cet été, mais nous devons commencer par adopter une approche prudente", a-t-il ajouté face aux craintes que d'autres pays ne rendent la pareille aux Britanniques.

Des ponts aériens vers l'Espagne ou la France ?

Mis à terre par la pandémie, les professionnels de l'aviation et du tourisme sont vent debout contre cette mesure qui les empêchera, selon eux, de profiter d'une début d'accalmie de la maladie pour redémarrer leurs activités. D'après une étude publiée mardi par le cabinet Survey Monkey, les propriétaires et patrons des entreprises de voyages et d'hôtellerie pensent eux licencier jusqu'à 60% de leur personnel en cas de quarantaine.

La fronde s'est propagée jusqu'au sein des députés de la majorité conservatrice, qui craignent que le gouvernement ne sabote l'économie, déjà terrassée par la crise sanitaire. Comme porte de sortie, le gouvernement de Boris Johnson réfléchit à instaurer des ponts aériens avec certaines destinations touristiques, comme la France ou l'Espagne, ce qui permettrait de contourner la quarantaine. Selon le Sunday Times, le dirigeant a prié son ministre des Transports d'aboutir avant fin juin.

D'autant que l'argument d'un risque accru d'infections en provenance de l'étranger passe mal : le Royaume-Uni reste en effet l'un des pays les plus durement touchés par la pandémie. Il dénombre 40 542 morts de personnes testées positives au nouveau coronavirus – et même plus de 48 000 en incluant également les cas suspects –, pour près de 287 000 contaminations, selon un bilan officiel dimanche.

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