Royaume-Uni : la maire de Calais dénonce "une agression" après la décision d'imposer une quarantaine pour les visiteurs en provenance de France

Natacha Bouchart, la maire de Calais, le 16 janvier 2018.
Natacha Bouchart, la maire de Calais, le 16 janvier 2018. (BENOIT TESSIER / POOL)

L'élue également vice-présidente de la région Hauts-de-France craint un "mouvement de panique" et des conséquences économiques.

"Il n'était pas nécessaire d'être aussi dur", estime Natacha Bouchart, vice-présidente de la région Hauts-de-France et maire LR de Calais sur franceinfo vendredi 14 août à propos de la décision du Royaume-Uni d'imposer une quatorzaine à tous les visiteurs en provenance de France. "J'aurais préféré qu'on impose les tests aux départs et aux arrivées." Elle "regrette" une décision "exagérée" qui va "créer un mouvement de panique vis-à-vis des voyageurs". Natacha Bouchart redoute également les conséquences économiques pour son territoire.

Regrettez-vous cette décision ?

Bien sûr je la regrette. Je pense qu'elle est exagérée et que la prise de décision est soudaine et évidemment va créer un mouvement de panique vis-à-vis des voyageurs qui souhaitaient repousser cette rentrée à nouveau chez eux. Il faut que les compagnies maritimes puissent prendre leurs dispositions, avec ce qu'on leur impose en termes de jauge acceptable dans les ferrys, puisqu'aujourd'hui les ferrys ont une capacité de 500 voyageurs contre 1 000 à 1 500 en situation habituelle. Économiquement c'est compliqué, et je pense qu'avec les compagnies maritimes et Eurotunnel, qui souffrent déjà énormément de ce qui s'est passé depuis le mois de février, il n'était pas nécessaire d'être aussi dur, en fait, dans cette prise de mesures. Il s'agit pour nous d'une mesure supplémentaire en terme d'agression.

Comprenez-vous la mesure britannique ?

Je ne comprends pas bien ce qui se passe dans ce pays aujourd'hui. On a l'impression que le gouvernement britannique panique sur tous les évènements et qu'il n'arrive pas à maîtriser les mesures qu'il doit prendre. Les masques obligatoires dans les transports fonctionnent très bien. Le port du masque est obligatoire en France dans beaucoup de territoires et sur le littoral la circulation du Covid est maîtrisée. Il y a aujourd'hui des tests qui permettent, avant d'embarquer, de pouvoir améliorer ces dispositifs.

J'aurais préféré qu'on impose les tests aux départs et aux arrivées pour éviter, en fait, cette accélération. Natacha Bouchart, maire de Calaisà franceinfo

À quelles conséquences économiques peut-on s'attendre ?

Les conséquences sont déjà, de fait, affichées, puisque les compagnies maritimes ont perdu énormément. Ça représente seulement 40 à 50% de leur trafic donc elles sont aujourd'hui économiquement effondrées et doivent revoir leurs plans en termes de fonctionnement et structurellement. Et cela amène à des licenciements et des pertes financières très, très lourdes. Donc il est important qu'il puisse y avoir une concertation avant des prises de décisions aussi importantes, pour faire en sorte que, tout en préservant la santé publique, et bien on ne vienne pas accélérer les dispositifs d'effondrement économique.

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