Ségolène Royal estime les annonces d'Emmanuel Macron "assez équilibrées", "mais il y a un grand vide sur les soignants"

France 2

Ségolène Royal, présidente de Désir d'avenir pour la planète, est l'invitée des "4 Vérités" de France 2 jeudi 15 octobre.

Invitée des "4 Vérités" jeudi 15 octobre, Ségolène Royal ne va pas "critiquer pour critiquer" les annonces d'Emmanuel Macron la veille au soir. L'ancienne ministre socialiste "pense qu'on a besoin d'être responsable individuellement pour se protéger collectivement. On va y arriver tous ensemble. C'est assez équilibré, on a évité un reconfinement total et un reconfinement ciblé sur les personnes âgées".

"L'objectif est que les hôpitaux ne soient pas saturés, mais il y a un grand vide sur les soignants. Les soignants, qui ont écouté le président, attendent dans les jours qui viennent des annonces. Le compte n'y est pas avec le Ségur de la santé", explique la présidente de Désir d'avenir pour la planète.

"Les services hospitaliers sont dans une situation dramatique. Le personnel est épuisé, démotivé. Les soignants ne peuvent pas prendre leurs vacances. La reconnaissance de leur risque n'est pas reconnue et ils sont les moins payés des pays de l'OCDE", précise-t-elle.

Macron "a commis une erreur"

"Emmanuel Macron ne peut pas utiliser un vocabulaire de guerre comme couvre-feu ou alors si on est en guerre il faut payer les soldats qui sont au front. Un couvre-feu, c'est la privation des libertés et le contrôle individuel et social. Il faut des soins et de la bienveillance. S'il y a trop de répression, il y aura de la rébellion", développe Ségolène Royal.

"Il n'y aura pas de contestation si les soignants reçoivent 50% de salaire en plus tous les mois et s'il y a des perspectives. Je pense qu'Emmanuel Macron a commis une erreur en disant qu'on en a jusqu'à l'été prochain parce que ça plombe le moral des chefs d'entreprise", estime l'ancienne candidate à la présidentielle.

"Puisque nous devons organiser la société avec le virus, on ne va pas vivre sans culture et sans interactions sociales, il faut réfléchir avec les professionnels des secteurs qui travaillent le soir. Il manque une démocratie sanitaire. On aurait pu décaler les horaires, ça s'organise localement", assure-t-elle.

"Il faut donner le RSA aux jeunes sinon il y aura une délinquance de la misère, mais leur demander de se former" en échange, conclut Ségolène Royal.

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