Reprise des cérémonies religieuses : "Mon portable vibre toutes les secondes", s'enthousiasme un prêtre

Un prêtre prie, seul dans son église, à Nice, le 27 mars 2020.
Un prêtre prie, seul dans son église, à Nice, le 27 mars 2020. (VALERY HACHE / AFP)

Alors qu'un décret paru au Journal officiel, dans la nuit de vendredi à samedi 23 mai, permet la réouverture des lieux de culte, le père Pierre Amar, du diocèse de Versailles, se rejouit de pouvoir célébrer à nouveau des messes.

"On commence dès ce soir avec des messes qu'on appelle les messes anticipées", s'enthousiasme le père Pierre Amar, prêtre du diocèse de Versailles et co-fondateur du site Padreblog, ce samedi sur franceinfo. Les lieux de culte peuvent de nouveau accueillir des fidèles dès ce samedi, en vertu d’un décret paru au Journal officiel, à condition de respecter des mesures sanitaires pour limiter la propagation de la pandémie de coronavirus.

franceinfo : Êtes-vous content de pouvoir accueillir de nouveau des fidèles dans votre église ?

Père Pierre Amar : Bien sûr. Quelle joie ! Depuis ce matin mon portable crépite de messages, il vibre toutes les secondes. Les gens sont tellement heureux. Ils attendaient ça depuis tellement longtemps. C'est d'abord pour eux que je me réjouis, ils ont été courageux, ils ont été obéissants et la joie est vraiment grande. Dès lors que la vie du pays reprenait, il était légitime que la vie religieuse, qui est une liberté fondamentale et un besoin vital pour les croyants, il était normal que cette vie-là reprenne aussi. On commence dès ce soir avec des messes qu'on appelle les messes anticipées, c’est-à-dire qu'on anticipe déjà le dimanche. Bien sûr, tout va se faire avec des consignes très claires, très précises, très efficaces, reçues de notre évêque ce matin et je pense que les autres évêques en France ont fait la même chose. On a vraiment hâte et il y a deux sentiments qui nous habitent : la joie et la prudence.

Dans quelles conditions se passeront les messes ?

Avec une très grande responsabilité. D'abord, pour respecter les distanciations, nous allons remplir nos églises beaucoup moins qu'avant, en respectant les fameux 4 mètres carrés, c’est-à-dire un mètre tout autour de chaque personne. Ce qui veut dire que dans mon église, on ne pourra accueillir qu'une centaine de personnes alors que, en règle habituelle, elle peut en accueillir 600. Donc, on va multiplier les messes, c’est-à-dire célébrer par exemple ce soir probablement trois ou quatre messes, demain matin encore quatre et demain soir encore trois.

C’est un schéma comme les équipes de foot, on fait du 3-4-3.père Pierre Amarà franceinfo

Nous serons exemplaires. Nous l'avons été depuis le début. Nous continuerons à l'être dans une grande prudence et une grande responsabilité. Il n'y aura pas de rodage, nous, on est déjà prêts.

Avez-vous de quoi fournir des masques, du gel hydroalcoolique et filtrer vos fidèles à l’entrée ?

Oui, nous sommes vraiment prêts. Nous avons et nous allons déjà donner ces consignes, chaque personne arrivera à l'église avec son propre masque et du gel hydroalcoolique. Nous en avons nous-même ici dans ma propre paroisse, nous avons aussi quelques masques pour donner à ceux qui n'en auront pas. Je sais qu’aujourd'hui, tout le monde est habitué à ça donc je ne suis pas très inquiet. Ce qui va changer pour nous, les prêtres, c'est de célébrer la messe avec un masque. Ça va être une nouvelle expérience. Pour la communion, on va demander aux personnes de se mouiller les mains avec du gel hydroalcoolique avant, puis de recevoir la communion, et enfin de se nettoyer après,. Pareil pour nous, les prêtres, nous allons nous-mêmes prendre du gel hydroalcoolique avant la communion et après.

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