Réouverture des salles de spectacles : "Si on nous impose des distanciations sociales cela ne fonctionnera pas"

La Seine Musciale, sur l\'Ile Seguin à Boulgone-Billancourt, Paris 2017. 
La Seine Musciale, sur l'Ile Seguin à Boulgone-Billancourt, Paris 2017.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Le Premier ministre s'exprime ce jeudi 28 mai sur la deuxième phase du déconfinement. Le président de la première organisation patronale du spectacle musical privé espère des annonces sur une réouverture des salles de différentes capacités "à partir de septembre".

Edouard Philippe s'exprimera ce jeudi 28 mai dans l'après-midi sur la suite du déconfinement. Les lieux culturels sont toujours l'incertitude sur leur réouverture et les professionnels attendent de réponses précises pour pouvoir redémarrer leur activité. La réouverture des salles de spectacle, notamment, risque d'être compliquée. "Si on nous impose des distanciations sociales cela ne fonctionnera pas", a expliqué ce jeudi sur franceinfo Olivier Darbois, président du Prodiss, la première organisation patronale du spectacle musical privé. "On attend du Premier ministre une annonce qui nous laisserait entendre qu'à partir de septembre on pourrait rouvrir des salles de différentes capacités", a-t-il ajouté.

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franceinfo : Qu'attendez-vous des annonces d'Edouard Philippe ?

On attend une décision de reprise. Cela fait plus de trois mois que nous sommes à l'arrêt total. Pour nous il est temps de redémarrer. Le redémarrage va être progressif, mais on attend beaucoup de réalisme. Les salles une fois ouvertes, nous avons à concevoir des spectacles, les répéter, les commercialiser. Tout cela prend un certain temps. Cela veut dire qu'on attend du Premier ministre une annonce qui nous laisserait entendre qu'à partir de septembre on pourrait rouvrir des salles de différentes capacités. Nous attendons aussi c'est qu'on ne nous impose pas la distanciation sociale. Un spectacle qui serait dans des jauges dégradées nuirait à ce spectacle.

Avez-vous le sentiment de ne pas être assez impliqués ?

Trop tardivement. Je veux bien comprendre que l'économie française doit repartir. Nous voulons repartir et nous attendons une concertation. Elle commence à exister. Mais si on nous impose des distanciations sociales cela ne fonctionnera pas. C'est impossible d'avoir 300 personnes disséminées dans une salle de 1 000 personnes. Les modèles économiques font que si nous n'avons pas 80% de remplissage nous allons rajouter de la casse à la casse.

Quelle alternative y a-t-il ?

Nous travaillons depuis un certain temps sur des protocoles de redémarrage. Les protocoles sanitaires sont bien ancrés chez nous. Il ne s'agit pas de recréer des problématiques sanitaires. Tout ce qui est mesure barrière autre que la distanciation sociale, on est prêts et on travaille dessus. Donc, soit on redémarre doucement avec des pleines jauges, sur des petites capacités, puis des salles plus importantes, si on nous impose la distanciation cela ne fonctionnera pas. On parle de spectacle vivant. C'est une émotion partagée entre des artistes et un public. Si elle s'exprime dans un milieu clinique, l'émotion ne sera pas au rendez-vous.

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