Réouverture des lieux de culte : les grands rassemblements de la fin du ramadan jugés "irréalistes" par les représentants du culte musulman

Un détail architectural de la Grande mosquée de Paris, photographié le 11 juillet 2019 lors d\'une visite de Christophe Castaner, le ministre de l\'Intérieur.
Un détail architectural de la Grande mosquée de Paris, photographié le 11 juillet 2019 lors d'une visite de Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur. (BUFKENS CEDRIC / SIPA)

Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman, s'oppose à la tenue de cérémonies "à l'occasion de grands rassemblements tels que la fête de l'Aïd ou la prière de vendredi".

La mosquée de Paris et le Conseil français du culte musulman (CFCM) se sont opposés, mardi 19 mai, à la tenue de "grands rassemblements" pour la fin du ramadan ce week-end, après la décision du Conseil d'Etat ordonnant la levée de l'interdiction de réunion dans les lieux de culte. Dans un communiqué, la Grande Mosquée de Paris a, en effet, mis en garde : "au vu de la situation sanitaire encore très fragile, il est pour l'instant irréaliste d'évoquer l'idée de rassemblements pour la prière de l'Aïd El-Fitr, le 23 ou le 24 mai, notamment dans les régions classées rouge".

"Nous sommes toujours en 'état d'urgence sanitaire', et il appartient au gouvernement - et lui seul - de définir les modes d'organisation permettant la protection de la santé. La seule ligne à suivre est donc le respect du décret actuel, non encore abrogé, et de celui qui suivra", explique le recteur de la mosquée Chems-Eddine-Hafiz.

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Un avis partagé par le Conseil français du culte musulman (CFCM), selon qui cette décision du Conseil d'Etat "n'ouvre pas la voie à une reprise normale et immédiate des cérémonies religieuses". Ainsi, Mohammed Moussaoui, le président du CFCM, s'oppose à la tenue de cérémonies "à l'occasion de grands rassemblements tels que la fête de l'Aïd ou la prière de vendredi", a-t-il indiqué, mardi 19 mai également, dans un communiqué.

Une interdiction levée sous huit jours

Le Conseil d'Etat a ordonné, lundi, au gouvernement de lever l'interdiction "générale et absolue" de réunion dans les lieux de culte, mise en place dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, faisant valoir notamment que cette interdiction était "disproportionnée", alors que les rassemblements de moins de 10 personnes sont tolérés "dans d'autres lieux ouverts au public". Le gouvernement doit lever cette interdiction sous "huit jours".

L'Aïd-El-Fitr est la fête marquant la fin du ramadan. Sa date exacte, samedi ou dimanche, sera déterminée à la Mosquée de Paris vendredi soir. Les mosquées sont fermées depuis le début du confinement.

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