Rentrée des classes : "Il faut rassurer les parents. Il est temps que les enfants retournent pleinement à l'école", assure un médecin

Alain Fischer, professeur d\'immunologie pédiatrique, le 5 juillet 2017.
Alain Fischer, professeur d'immunologie pédiatrique, le 5 juillet 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le risque de contamination au coronavirus pris en retournant à l'école "est bien inférieur au risque de la déscolarisation de l'enfant", estime le professeur d'immunologie pédiatrique Alain Fischer.

"Il faut rassurer les parents. Il est temps que les enfants retournent pleinement à l'école", déclare le professeur d'immunologie pédiatrique Alain Fischer, titulaire de la chaire Médecine expérimentale du Collège de France, lundi 22 juin sur franceinfo. Tous les enfants sont appelés à retourner à l'école, trois mois après le début du confinement en raison de la pandémie de coronavirus.

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franceinfo : Pour vous, est-il temps d'ouvrir grand les portes de l'école ?

Oui, il faut rassurer les parents. Il est temps que les enfants retournent pleinement à l'école. Nous savons maintenant, les informations ont été progressivement recueillies, que les enfants ne représentent qu'un tout petit nombre des malades du Covid-19, qu'ils ne font que de façon exceptionnelle des formes graves, et de plus qu'ils ne transmettent pas le virus ou quasiment pas, pour être tout à fait précis. S'y ajoute bien sûr le fait que la circulation du virus a diminué. Donc le risque pris en mettant l'ensemble des enfants à l'école, en gardant quelques gestes barrières comme le lavage des mains ou le port du masque, est bien inférieur au risque de la déscolarisation de l'enfant pendant toute cette période.

Que risquent les enfants qui ne vont toujours pas retourner à l'école, pour raisons médicales ou parce que les parents n'en ont pas envie ?

Beaucoup d'enfants n'ont pas souffert de cette période de confinement parce qu'un contact a pu être maintenu avec l'école, des devoirs à la maison, etc. Mais on sait que ce n'est pas le cas de tous les enfants, et en particulier des enfants qui vivent dans les conditions socio-économiques les plus difficiles, qui n'ont pas forcément un ordinateur à la maison par exemple, ou quand il y a beaucoup de personnes dans la pièce où l'enfant demeure. Cela fait qu'il est moins en mesure de suivre l'école. On sait que certains enfants ont été complètement déscolarisés. On peut ajouter aussi que pour les enfants qui ont la malchance d'être atteints d'une maladie chronique, par exemple, ceux qui ont besoin d'une auxiliaire de vie scolaire à l'école, n'ont pas eu leur auxiliaire scolaire donc, en gros, n'ont pas été scolarisés. Les pédiatres ont très bien décrit la recrudescence de troubles divers, des troubles du sommeil, de l'attention, par exemple. Donc, il est vraiment temps que les enfants aillent pleinement à l'école et suivent les cours et se re-sociabilise avec les autres enfants, leur instituteur ou leur professeur.

Comprenez-vous que des parents soient un peu perdus face aux consignes changeantes du gouvernement ?

Il est normal que les consignes évoluent. Ce virus n'était pas connu il y a six mois. Les connaissances ont été acquises progressivement. Le raisonnement qui a prévalu il y a trois mois et demi était que, peut-être que comme pour le virus de la grippe, l'infection grippale, ce sont les enfants qui transmettent le plus le virus aux personnes les plus âgées. On ne savait pas à l'époque quelles étaient les règles de transmission du Sars-Cov-2, le responsable du Covid-19. On a appris depuis, par de très nombreuses études de par le monde, qu'il n'en est pas ainsi. Compte tenu du fait que les connaissances évoluent, il est normal que les consignes évoluent. Je pense qu'il faut que les parents l'entendent et que des explications soient bien reçues et que tout le monde soit rassuré, aussi bien les parents, les enfants que les enseignants.

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