Quarantaine en Grande Bretagne : La fréquentation des ferrys a doublé au port de Calais ce vendredi

Traversée de la Manche en ferry, depuis Calais (Pas-de-Calais) vers Douvres (Royaume-Uni).
Traversée de la Manche en ferry, depuis Calais (Pas-de-Calais) vers Douvres (Royaume-Uni). (MATTHIEU DARRIET / FRANCE-BLEU NORD)

1 300 réservations de dernière minute ont été réalisées par des voyageurs souhaitant échapper à la mesure sanitaire qui entrera en vigueur samedi à 5h (heure française).

La fréquentation des ferrys transmanche au départ de Calais a doublé sur la seule journée du vendredi 14 août, à la veille de la mise en place d'une quarantaine pour les Français, notamment, qui entrent au Royaume-Uni, a annoncé sur franceinfo Jean-Marc Puissesseau, président-directeur général du port Calais-Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). 1 300 réservations de dernière minutes ont été enregistrées. Le PDG précise que le port et les compagnies n'avaient pas été prévenus de cette décision avant l'annonce de jeudi soir. "Les Anglais marquent bien qu'ils sont une île et qu'ils n'ont pas les mêmes priorités que nous", estime Jean-Marc Puissesseau.

franceinfo : constatez-vous une affluence dans les ferries à destination de l'Angleterre ce vendredi ?

Jean-Marc Puissesseau : Oui, nous avions 1 700 réservations de passagers et depuis l'annonce, hier soir, les compagnies maritimes ont enregistré 1 300 réservations supplémentaires, donc ça a presque doublé. Mais il n'y a pas eu d'embouteillage, pas d'attente prolongée. Les personnes qui arrivent aujourd'hui ont toutes réservé avant d'arriver sur le port. Nous pourrons passer ces 1 300 passagers et peut-être même plus. Le dernier ferry qui arrivera avant 5h (heure française), c'est le ferry qui part à 2h du matin et arrive à 4h en Angleterre.

J'espère que si un ferry arrive à 5h avec quelques Anglais, ils ne vont quand même pas les mettre en quatorzaine.Jean-Marc Puissesseauà franceinfo

Par contre, l'affluence est moins importante que ce qu'on aurait pu craindre à l'annonce. Les Anglais qui sont partis en vacances il y a deux ou trois jours ne vont pas revenir, et ils ne sont pas tous à proximité du port de Calais. Pour l'instant tout est calme, le flux est régulier et il n'y a pas de problème.

Vous aviez été informé en amont par les autorités britanniques ?

Non, on n'était pas prévenus, on a pris connaissance ce jeudi, quelques minutes après 22h, de l'existence de cette décision du gouvernement britannique. Je pense qu'ils ne se sont même pas concertés avec le gouvernement français. Tous les vendredis matins, nous avons, avec les compagnies maritimes, avec la préfecture, la police aux frontières, des réunions pour savoir à quel trafic nous allons faire face pendant les week-ends. Et hier matin à 11h, aucune allusion n'a été faite sur cette décision prise hier soir.

Moi j'ai été très surpris de cette annonce. Je suis aussi très déçu parce que cette décision va impacter notre chiffre d'affaires dans les prochaines semaines, parce que je crains que ça dure longtemps. On aura de nouveau zéro chiffre d'affaires avec les véhicules de tourisme, qui vont venir s'ajouter aux 30 millions d'euros que nous pensons avoir comme baisse de chiffre d'affaire, c’est-à-dire 30% de baisse.

C'est une grande désillusion, les Anglais marquent bien qu'ils sont une île et qu'ils n'ont pas les mêmes priorités que nous.Jean-Marc Puissesseauà franceinfo

Est-ce-que vous avez des détails sur les chauffeurs poids lourds et le fret. Seront-ils concernés aussi par la quarantaine ?

Non, ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied comme ça.Les chauffeurs routiers peuvent continuer à traverser sans problème, ils ne sont pas concernés par les dernières décisions. Ils ne vont pas se pénaliser. Vous savez, à chaque fois qu'il y a le moindre problème entre la France et la Grande-Bretagne, y compris du mauvais temps, les anglais, tout de suite, l'ambassade, nous téléphone pour nous demander si ça continue à passer. Ils sont très frileux sur leur approvisionnement de leur pays.

Heureusement que nous avons le fret qui fonctionne. Peut-être que cette pillule va être un peu adoucie par un stockage [des produits de consommation] par les Britanniques en vue du Brexit du 31 décembre, parce qu'on a aussi le virus du Brexit ! Et donc peut-être que l'augmentation du trafic routier va venir réduire un peu cette perte du chiffre d'affaire pour les chauffeurs poids-lourd.

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