"Qu'importe le flacon pourvu qu'il y ait l'ivresse !" : à dix et sans ballon, les entraînements de rugby reprennent

Terrain de rugby désert pendant le confinement, à Herblay, près de Paris, le 30 avril 2020.
Terrain de rugby désert pendant le confinement, à Herblay, près de Paris, le 30 avril 2020. (FRANCK FIFE / AFP)

Du rugby sans mêlée, placage, ni même ballon… mais du rugby quand même, pour le plus grand bonheur des licenciés : les amateurs reprennent l'entraînemennt en club après deux mois et demi de confinement.

C’est une bonne nouvelle pour tous les joueurs de rugby amateurs. Ils peuvent progressivement reprendre en club à partir de ce lundi 18 mai, pour les adultes et les enfants. Après deux mois d'arrêt total, la Fédération française de rugby (FFR) a élaboré un plan de reprise de l’activité validé par le ministère des Sports.

Le protocole prévoit six phases de reprise : parcours individuels sans ballon, parcours individuels avec ballon, situations avec passes, situations avec jeu à toucher, situations avec contact, matchs amicaux. La première phase démarre donc lundi 18 mai, et elle offfre donc la possibilité de reprendre l'entraînement avec des parcours individuels sans ballon. Les séances ne doivent pas durer plus de 45 minutes, à moins de 80 de la fréquence cardiaque maximale pour ne prendre aucun risque. Avant de chausser les crampons, les joueurs devront s'assurer qu'ils ne présentent pas de symptômes du coronavirus.

Un "Covid-manager" par club

Et tout cela sera supervisé dans chaque club par un "Covid-manager", un bénévole pas forcément médecin. "Les Covid-managers dans les clubs ont d'abord pour mission d'abord d'organiser les plannings d'arrivée des groupes, explique Didier Retière, le directeur technique national. On n'a droit qu'à dix personnes, y compris l'entraîneur. Pour un club qui a plusieurs dizaines de licenciés, il va falloir s'organiser."

"Ensuite, pendant l'entraînement, c'est au Covid-manager de vérifier que toutes les consignes sanitaires sont bien respectées" poursuit Didier Retière. Au-delà des habituels gestes barrières, il s'agit ne pas s'embrasser pour se saluer ni de se donner d’accolade, de maintenir une distance physique d’au moins 1 mètre à l’arrêt, 5 mètre lors de la marche, 10 mètre lors de la course.

"Et après l'entraînement, c'est au Covid-manager de garder la liste des personnes, termine Didier Retière, pour pouvoir, au cas où on aurait un cas déclaré, isoler les gens qui se seraient entraînés avec lui." Il y aura également un "Covid-manager" par département et par ligue pour rendre compte de la situation à la FFR qui décidera de l'avancée du plan de reprise jusqu'à la phase suivante.

Au bout de deux mois et demi de confinement, c'est vrai que c'est toujours agréable de retrouver les copains, de se retrouver...Damien Elgoyhen, Saint-Jean-de-Luz

Pour l'instant, les joueurs devront arriver en tenue avec leur propre bouteille d'eau. Ils ne pourront pas prendre de douche à la fin de l'entraînement. Des contraintes qui n'entament pas l'enthousiasme de Damien Elgoyhen, troisième ligne et capitaine du Saint-Jean-de-Luz Olympique, club de troisième division. "Même si ça va être un effectif réduit au départ et même si ça reste pour faire du parcours, ce qui n'est pas forcément ludique... Au bout d'un moment, courir dans les bois tout seul, c'est un peu fatigant ! Comme on dit, qu'importe le flacon, pourvu qu'il y ait l'ivresse. Donc on va profiter d'être tous ensemble."

Si les conditions sanitaires le permettent, ces parcours à l'entraînement pourront ensuite se dérouler ballon à la main. Puis, les joueurs reprendront le jeu de passes avant d'envisager des contacts et, enfin, des matchs amicaux dans le courant du mois d'août.

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