Pyrénées-Orientales : retour des trains à Millas le 11 mai, plus de deux ans après l’accident qui avait tué six collégiens

Des proches des victimes en deuil lors d\'une marche de mémoire, un an après l\'accident mortel de Millas.
Des proches des victimes en deuil lors d'une marche de mémoire, un an après l'accident mortel de Millas. (RAYMOND ROIG / AFP)

Fermée depuis le 14 décembre 2017 et la mort de six collégiens lors d’une collision à un passage à niveau à Millas (Pyrénées-Orientales), la voie ferrée va reprendre du service à partir du 11 mai, indique mardi France Bleu Roussillon.

Le trafic des trains va reprendre entre Perpignan et Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales) à partir du 11 mai et le début du déconfinementrapporte mardi 5 mai France Bleu Roussillon. Il était interrompu depuis le 14 décembre 2017 et la mort de six collégiens lors d’une collision à un passage à niveau entre un car scolaire et un TER à Millas.

Les trains rouleront d'abord à vide, sans aucun voyageur, car la SNCF souhaite d'abord former des agents et procéder à des tests. Deux allers-retours sont prévus quotidiennement. Les voitures accueilleront ensuite des passagers à partir du jeudi 21 mai avec six allers-retours quotidiens puis huit dès le lundi 25 mai. Prévue pour le 6 avril mais repoussée en raison du confinement, la réouverture de la ligne s'accompagne de nouveaux horaires. La SNCF et la Région Occitanie ont souhaité éviter que les trains ne circulent à Millas à l'heure du début ou de la fin des cours au collège.

Un mélange de colère et de soulagement

"C'est trop tôt", réagit Roger Garrido, le maire de Saint-Féliu-d'Avall, d'où étaient originaires les six victimes décédées. "J'aurais préféré une reprise seulement début juillet, une fois l'année scolaire terminée. Nous, les maires, devons en ce moment gérer la réouverture des écoles, le principal du collège de Millas doit s'occuper aussi de la reprise des cours...", selon le témoignage recueilli par France Bleu.

"Concernant les nouveaux horaires des trains, si les bus scolaires et les TER sont à l'heure, il n'y aura pas de soucis mais s'il y a du retard, même si un quart d'heure de battement est prévu, il faudra que quelqu'un prenne la responsabilité de ne pas faire sortir les élèves. Ça nous inquiète un peu", souffle l’élu.

Du côté de l'association des usagers de la ligne, "Train en Têt", c'est un mélange de soulagement et de colère. "Mieux vaut tard que jamais, réagit son président Enric Balaguer auprès de France Bleu. "Nous sommes évidement conscients de la gravité de l'accident et de la douleur des victimes, mais nous avons effectué des recherches et jamais une ligne ne sera restée fermée aussi longtemps après un accident." Et de poursuivre : "Quelque part, nous avons été pris en otage car cette ligne est très utile pour la vallée de la Têt." 

Le rail sera probablement un des meilleurs moyens de se déplacer lors du déconfinement car nos trains contiennent 150 places. Ce sera évidement plus facile de respecter les gestes barrières dans les trains que dans des cars de 50 places.Enric Balaguer, président de l'association Train en Têtà France Bleu Roussillon

Si les trains rouleront de nouveau à Millas, la ligne ne sera pas rouverte dans sa totalité. Cet hiver, lors de la tempête Gloria, la voie a été endommagée par un glissement de terrain à hauteur de la commune de Ria-Sirach. Aucune date n'est encore fixée pour la réouverture totale de la ligne Perpignan-Villefranche de Conflent.

La date du procès de la conductrice encore inconnue

Concernant l'enquête sur l'accident de Millas, qui a également fait 18 blessés graves, seule la conductrice du car reste mise en examen notamment pour homicides involontaires. On ignore encore la date du procès. Selon le rapport d'enquête publié en mai 2019, la collision serait en partie due à la configuration des lieux, la conductrice du car n'ayant pas vu que la barrière se fermait après un carrefour délicat.

Vous êtes à nouveau en ligne