Plan de déconfinement : "Il faut dépister massivement et pas pister les Français", dénonce la députée LFI Mathilde Panot

Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne, le 17 septembre 2019 à l\'Assemblée nationale.
Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne, le 17 septembre 2019 à l'Assemblée nationale. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

L'élue du Val-de-Marne estime qu'Emmanuel Macron a "fait les choses à l'envers" en fixant une date sans avoir les moyens matériels de sécuriser la population.

Le Conseil scientifique a dévoilé samedi soir ses recommandations pour le déconfinement de la France, alors qu'Édouard Philippe doit présenter mardi devant les députés la stratégie nationale du gouvernement pour faire redémarrer progressivement le pays. "Contrairement à un déconfinement planifié comme nous l'avions demandé, il n'y aura qu'un déconfinement hasardeux : cela nous interroge énormément", déclare dimanche 26 avril sur franceinfo Mathilde Panot, députée La France insoumise du Val-de-Marne. Selon elle, les conditions "nécessaires" au déconfinement ne sont pas réunies et elle annonce d'ores et déjà qu'elle ne pense pas voter le plan.

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franceinfo : Allez-vous voter ce plan du gouvernement ?

Non, je ne crois pas, car je crois qu'Emmanuel Macron a fait les choses à l'envers. 

Plutôt que de réunir les conditions qui sont nécessaires au déconfinement, en termes de production de masques, production de tests, mais aussi repos des soignants dont parle le Conseil scientifique, il a fixé une date et maintenant le gouvernement essaye tant bien que mal de chercher à tenir ce délai.Mathilde Panot, députée La France Insoumiseà franceinfo

Je crois qu'il aurait fallu faire l'inverse et d'abord réunir les conditions qui sont nécessaires à ce déconfinement. Ce qui interroge dans l'avis du Conseil scientifique qui a été rendu public notamment sur la question des écoles, c'est de savoir sur quelle base le gouvernement a choisi cette date du 11 mai. Est-ce seulement un critère économique ? Parce que les autres économies de l'Union européenne et l'Allemagne déconfinent le 4 mai ? Cela nous pose un problème car ce qui devrait prévaloir, c'est la question sanitaire. On va se retrouver dans une situation absurde où les inégalités vont se creuser de plus en plus, et notamment les inégalités scolaires. Mais le gouvernement décide que, pour l'instant, il maintient les fermetures de classe extrêmement nombreuses dans plusieurs départements. Il ne donne aucune dotation supplémentaire de professeurs, notamment dans le Val-de-Marne ou en Seine-Saint-Denis pour la rentrée qui s'annonce. Je crois que, contrairement à un déconfinement planifié comme nous l'avions demandé, il n'y aura qu'un déconfinement hasardeux : cela nous interroge énormément.

Cela sera un plan global avec des volets très différents mais à la fin, on vous demandera un seul vote pour tout l'ensemble ?

Oui et c'est un problème. Au départ, il devait y avoir deux votes : un vote sur l'utilisation de ces outils numériques et un vote sur le plan de déconfinement général. Là, on va nous faire tout voter d'un bloc, ce qui pose un problème démocratique. Et nous, nous le disons, il y a besoin de démocratie sanitaire, de démocratie parlementaire, pas de pister et d'utiliser des outils de surveillance massive sur les Français et les Françaises, il faut dépister massivement et pas pister les Français.

Il n'y a pas besoin aujourd'hui d'une union politique de tout le Parlement derrière un plan global ?

Le rôle d'une opposition politique, telle que la nôtre, c'est à la fois de contribuer à l'unité d'action dans la confiance dans les conseils sanitaires et c'est pourquoi nous faisons des propositions, mais aussi de montrer, qu'en toutes circonstances, il y a un autre chemin possible. D'ailleurs, le groupe parlementaire La France insoumise va faire plusieurs propositions sur le plan de déconfinement que nous dévoilerons en début de cette semaine. Oui nous pouvons faire autrement, nous pouvons réquisitionner les moyens de production pour fabriquer les masques, les tests et les respirateurs dont nous avons besoin. Nous pouvons nationaliser Luxfer et Famar, nous pouvons planifier cette mobilisation sanitaire et tout ce qui a été jusqu'alors refusé par l'exécutif nous a fait perdre un temps précieux.

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