"On se coiffe, on fait le henné, on a mis les beaux boubous pour venir" : le coronavirus n’a pas gâché la fête de l’Aïd-el-Kebir

La prière de l\'Aïd-el-Kebir à Ivry -sur-Seine (Val-de-Marne), le 31 juillet 2020.
La prière de l'Aïd-el-Kebir à Ivry -sur-Seine (Val-de-Marne), le 31 juillet 2020. (VALENTIN DUNATE / RADIOFRANCE)

La fête du sacrifice est célébrée vendredi. Il s’agit de la plus importante fête de l’islam et la première très grande prière depuis le déconfinement. Des milliers de personnes se sont réunies dans des conditions très particulières. Reportage dans le Val-de-Marne, en région parisienne.

La prière de l'Aïd-el-Kebir était à 7H30 vendredi 31 juillet à Créteil. 3 500 personnes peuvent habituellement prier à l’intérieur de la mosquée mais pour respecter les règles de distanciation sociale imposée par le coronavirus, les fidèles comme Safiatou ont dû prier sur les esplanades et le parking. "Moi j’ai prié dehors parce que j’étais avec les petits qui n’ont pas le droit d’entrer. Même avec mes enfants on avait un mètre d’écart. On n’avait pas le droit de se serrer la main pendant la prière", raconte-t-elle.

Pour autant, Safiatou était très heureuse de participer. "On se coiffe, on fait le henné. On a mis les beaux boubous [vêtement africain] pour venir", confie-t-elle, radieuse.

La prière des femmes à la mosquée de Créteil lors de la fête de l\'Aïd-el-Kebir, le 31 juillet 2020.
La prière des femmes à la mosquée de Créteil lors de la fête de l'Aïd-el-Kebir, le 31 juillet 2020. (VALENTIN DUNATE / RADIOFRANCE)

Évidemment, le masque était obligatoire. Chaque fidèle devait également ramener son tapis de prière. "Il y a cette discipline quand même de la part de la population au niveau des masques. Les gens instinctivement marquaient cette distanciation entre eux quand ils posaient leur tapis. Il y a eu cette discipline qu’on avait déjà remarquée depuis la réouverture de la mosquée", relate Ibrahim Cissé, le secrétaire général de l’association qui gère la mosquée de Créteil.

C'est "différent" mais "des frissons" quand-même

À quelques kilomètres de là, à Ivry-sur-Seine, la prière était une heure plus tard dans un stade réunissant plus de 3 000 personnes. "Quand il nous a fait lever, il nous a fait réciter, c’est des frissons, c’est plein de choses qui remontent", raconte ému Cédric, venu du 12e arrondissement de Paris. Et encore c’est différent parce que d’habitude on s’embrasse, on se serre la main".

Le "il" dont parle Cédric, c’est l’imam d’Ivry, Mohamed Bajrafil qui a évoqué la situation dans son prêche : "Nous n’étions pas capables d’imaginer il y a à peine un mois une réunion de cette nature", lance-t-il à la foule des croyants. L’événement a été rendu possible grâce au respect des règles. "C’est drastique en fait, c’est draconien parce qu’on est conscient du danger et parce qu’en islam, il y a cette souplesse qui permet de toujours mettre la vie au-dessus de tout", commente l’imam.  

D’habitude on prie les uns collés aux autres, de manière à ce que ce soit cœur contre cœur.Mohamed Bajrafil, imam d’Ivry-sur-Seine   à franceinfo

"Mais nécessité faisant loi, nous avons été obligés de les inviter à s’éloigner les uns des autres. Pour le bien de tous !" a expliqué Mohamed Bajrafil. À Créteil comme à Ivry, les fidèles sont ensuite partis chacun de leur côté pour se réunir en famille.

Les fidèles du Val-de-Marne célébrent l'Aïd-el-Kebir malgré le coronavirus : écoutez le reportage de Valentin Dunate
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