"On nous prend vraiment pour des billes !" : les députés d'opposition pas convaincus par la défense d'Agnès Buzyn devant la commission d'enquête de l'Assemblée

Agnès Buzyn devant la commission d\'enquête de l\'Assemblée nationale, le 30 juin 2020.
Agnès Buzyn devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le 30 juin 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

L'ancienne ministre de la Santé s'est expliquée devant les députés mardi, à propos de sa gestion de la crise sanitaire. Mais elle est loin d'avoir persuadé tout le monde.

"Non mais faut arrêter ! On nous prend vraiment pour des billes !", s'emporte Jean-Christophe Lagarde, le président du groupe UDI au palais Bourbon. Il a carrément claqué la porte après deux heures d’audition d'Agnès Buzyn, mardi 30 juin. L'ancienne ministre de la Santé, qui a quitté le gouvernement le 16 février pour défendre les couleurs de la majorité présidentielle aux élections municipales à Paris, a défendu son action face à la pandémie de coronavirus, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Sans convaincre du tout les députés d’opposition.

"Vous ne pouvez pas dire que je n’ai pas anticipé. Arrêtez de dire que je n’ai rien vu, j’ai tout vu !", a-t-elle notamment affirmé. Mais Christophe Lagarde, très en colère, répond : "On a expliqué qu'on a tout anticipé, qu'on a tout bien fait... On a anticipé quoi ? On a tout bien fait quoi ? À un moment donné, la révolte qui est la mienne, je pense qu'elle commence à être celle de beaucoup de Français, en disant 'on se fout de nous'."

"C’est nous qui passons pour des c..."

Si la France était si bien préparée, comment se fait-il que les centaines de millions de masques périmés détruits en 2018 n’aient pas été remplacés ? "Ce n’est pas la ministre qui gère les stocks", répond Agnès Buzyn. Alors à qui la faute, se demande encore la socialiste Valérie Rabault : "D'octobre 2018 à janvier 2020, on sait que la France n'a pas son stock de masques, et pendant 15 mois, personne ne réagit, donc ça pose un sujet."

Si la ministre avait vu venir le "tsunami", comme elle l’affirme, pourquoi a-t-elle "tenté d’aller se réfugier à la mairie de Paris", enchaîne le député Les Républicains Julien Aubert. "C'est la question de l'un de mes collègues qui disait 'si vous prévoyez que la guerre de 14-18 va éclater et que vous êtes ministre de la Défense, est-ce que vous démissionnez, même si vous avez prévu les tanks, pour aller à la mairie de Paris' ?"

Beaucoup de questions restent sans réponse, regrettent plusieurs membres de la commission. L’un d’entre eux s’emporte : "Comme dans l’affaire Benalla, c’est le Sénat qui va faire tout le boulot, et c’est nous qui passons pour des cons."

La réaction des députés après l'audition d'Agnès Buzyn Ecoutez le reportage de Simon Le Baron
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