"On ne sait pas du tout où on va" : les clubs amateurs de sport collectif redoutent les conséquences de l'épidémie de coronavirus

La pratique des sports collectifs comme le foot, le hand, le volley ou encore le basket, est difficilement compatible avec les mesures de distanciation physique .Photo d\'illustration.
La pratique des sports collectifs comme le foot, le hand, le volley ou encore le basket, est difficilement compatible avec les mesures de distanciation physique .Photo d'illustration. (NICOLAS CREACH / MAXPPP)

Avec l'épidémie de Covid-19, les clubs amateurs de sport collectif sont sans perspective de reprise, avec des budgets à boucler pour la prochaine saison et pour certains, la crainte de perdre des licenciés.

L’image peut sembler anecdotique et pourtant, avec l'épidémie de coronavirus les pâquerettes envahissent aujourd’hui les terrains de football des petits clubs amateurs. "On a l’impression qu’on est dans un film de science-fiction où tout le monde est parti et n’est plus revenu", explique Patrick Baszinski, président du Sporting Club d’Aniche.

Ce club de football du département du Nord est fort de 347 licenciés avec lesquels Patrick Baszinski tente d’entretenir les liens via les réseaux sociaux mais sans trop savoir de quoi l’avenir sera fait. "Comment faire revenir les gamins au stade, s’interroge le président. Financièrement, nos partenaires auront aussi subi les conséquences de la crise."

"De plus, du 1er mai au 30 juin, c’est là qu’on organise nos plus grandes manifestations sportives", s’alarme Patrick Baszinski, avec les tournois, les lotos, les brocantes qui font rentrer de l’argent dans les caisses des clubs. Une situation que vivent nombre de clubs amateurs de foot, de hand, de volley ou de basket.

Inquiétude des parents

Le basket, sport confiné avec ce ballon qui se passe de main en main, cumule les handicaps, se désole Alain Catel, président du comité départemental du Nord, terre de basket avec 25 500 licenciés, mais qui ne voit aujourd’hui pas le bout du tunnel : "On ne sait pas du tout où on va, au mieux on espère reprendre fin septembre. Les subventions dites institutionnelle baissent depuis quelques années comme celles des mairies. Comme les mairies ont beaucoup de frais qui leur tombent dessus, j’ai peur que ce soit la culture et le sport qui trinquent le plus."

J’ai peur que certains petits clubs aient beaucoup de mal à s’en sortir.Alain Catel, président du comité départemental du Nord de basket-ballà franceinfo


Avec en toile de fond cette angoisse : les licenciés vont-ils revenir, alors qu’on ne parle que de distanciation physique ? "Il y a une forte inquiétude des parents qui ont peur, et on peut le comprendre, de les remettre dans un 'sport de confinement', explique Alain Catel. On touche le même ballon, il y a une légitime inquiétude des parents."

L’inquiétude est vive donc, et alimentée par le peu de réponses encore à donner alors que tous rappellent que les clubs ont un rôle à jouer dans l’après crise. "Le terrain, c’est le jardin des enfants ici", conclue Patrick Baszinski. À condition d’en avoir les moyens.

Vous êtes à nouveau en ligne