"On a un avantage concurrentiel dans la capacité d'improvisation ou de créativité " : en Israël, la crise du coronavirus a ouvert de nouveaux marchés porteurs

Un employé d\'un magasin d\'électronique prend la température d\'un client pendant la pandémie de Covdi-19 à Jérusalem, le 20 avril 2020.
Un employé d'un magasin d'électronique prend la température d'un client pendant la pandémie de Covdi-19 à Jérusalem, le 20 avril 2020. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

L'économie du pays est fragilisée par la pandémie de coronavirus. Pourtant, certains secteurs comme la high-tech pourraient tirer bénéfice de cette crise et le marché du travail, très précaire en Israël, pourrait s'en trouver transformé.

En Israël, le déconfinement a débuté progressivement il y a une dizaine de jours. Ce pays de neuf millions d'habitants est relativement épargné par la pandémie, on y compte 215 morts du coronavirus. Mais, comme partout, l'impact économique et social est marqué. Le nombre de chômeurs a été multiplié par sept, ils sont plus d'un million. Le taux de chômage grimpe à 27,6% aujourd'hui. Les salariés sont indemnisés par l'État mais pas les indépendants, très nombreux dans le pays. Sophie est gérante d'un restaurant à Jérusalem et travaille à son compte : "Moi, je n'ai rien. Le gouvernement dit qu'il va aider les petites entreprises et les entrepreneurs, et rien n'est fait", se désole-t-elle.

Selon Yaëlle Ifrah, conseillère économique au Parlement, il faut réformer le marché de l'emploi : "En France, on a un fort chômage avec des salariés extrêmement productifs. En Israël, on a un plein emploi avec des salariés très peu productifs, souligne-t-elle. Je pense que la crise du coronavirus mènera probablement à un changement de la qualité de l'emploi qui aurait dû avoir lieu depuis longtemps."

Il n'est pas normal que la formation professionnelle soit si faible, ni que les entreprises se reposent à tel point sur la main d'œuvre bon marchéYaëlle Ifrah, conseillère économique au Parlement israélienà franceinfo

Pendant le confinement, le monde entier a dû vivre différemment, chez soi, connecté, avec plus de livraisons à domicile. Oren Anolik, chef de la planification au ministère des Affaires étrangères, pense que cette crise sanitaire a ouvert de nouveaux marchés, porteurs pour Israël.

Qu'il s'agisse de biotechnologie, de médecine préventive, de réalité virtuelle, de logiciels de téléconférence, de robotique ou de big data, on pense que tout ça va se développer plus vite et attirer de plus en plus d'investissements.Oren Anolik, membre du ministère des Affaires étrangèresà franceinfo

Un exemple cité par Yaëlle Ifrah : "Un patron d'une entreprise de high-tech racontait qu'il avait développé une application qui permettait d'optimiser le système de distribution de colis alimentaires. Et lorsque l'armée s'est retrouvée à distribuer des centaines de milliers de colis alimentaires aux personnes qui étaient en confinement en 48 heures, l'application était prête. Je pense que là on a un avantage concurrentiel qui est assez important dans la capacité d'improvisation ou la capacité de créativité de la high-tech", conclut-elle.

Des espoirs mais aussi craintes, car la police se prépare à des mouvements sociaux. Un proche conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahou confie : "J'ai une mauvaise nouvelle, après cette crise on aura moins de ressources, tout notre système sera en tension."

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