"On a peur de croiser des gens malades" : la peur du Covid-19 risque d'influencer la participation aux municipales

Des habitants regardent des affiches de campagne à Perpignan, à l\'approche de premier tour des élections municipales.
Des habitants regardent des affiches de campagne à Perpignan, à l'approche de premier tour des élections municipales. (RAYMOND ROIG / AFP)

L'épidémie de coronavirus risque-t-elle de dissuader des électeurs de se rendre au bureau de vote ? En tout cas, pas sûr que ce contexte permette de renverser la tendance que la France connaît depuis plus de trente ans... La participation est en baisse continue depuis 1983.

Va-t-on (encore) battre des records d'abstention aux élections municipales ? En 2014, l’abstention avait atteint 36,45% au premier tour. Mais cette année, entre la défiance croissante des électeurs envers le personnel politique et l'épidémie de coronavirus, ce chiffre pourrait encore grimper.

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D'ailleurs, certains électeurs sont tellement préoccupés par le coronavirus qu’ils n’ont pas pris le temps de s’intéresser aux élections municipales. Et s'inquiètent des conditions du vote : "On a peur d'être confiné dans une salle, on a peur de croiser des gens malades...", avoue cette Parisienne.

16% des Français n'iraient pas voter à cause du coronavirus

Pour les quelques inquiets qui pourrait s’abstenir de voter par crainte de tomber malade, le gouvernement et les maires ont pris des mesures, notamment la distribution de gel hydroalcoolique, assure Isabelle Maincion, membre de l’association des maires de France : "La fréquentation des bureaux de vote sera cent fois plus sécurisée que celle des supermarchés", explique-t-elle. Par conséquent, cette psychose en fait rire certains : "Le métro, c'est cent fois pire", estime ainsi un électeur.

Et pourtant, selon une étude Ifop, 16% des sondés se disent certaines de ne pas aller voter à cause des risques de contamination. Pour François Kraus, directeur du pôle politique à l’Ifop, cela n’a rien d’alarmant. Les personnes qui vont s’abstenir à cause du virus n’ont pas l’habitude de voter : "Ce sont majoritairement des électeurs jeunes, qui vivent dans les grandes agglomération et qui sont déjà sceptiques à l'égard des institutions publiques qui déclarent aujourd'hui ne pas aller voter à cause du virus", explique-t-il.

Cette peur du virus va davantage influencer des abstentionnistes 'classiques', qui ne se rendent pas aux urnes. Cela nourrit l'abstention, qui en général a plusieurs causesFrançois Kraus, directeur du pôle politique à l'Ifopà franceinfo

Il faudra observer le taux de participation des personnes âgées

Pour Rémi Lefebvre, professeur de science politique et spécialiste du pouvoir local si l’abstention est amenée à augmenter, c’est avant tout parce que le rapport au local se détériore : "Les citoyens vivent dans une ville, ils travaillent dans une autre. La périurbanisation, la métropolisation a relâché un peu le rapport des citoyens à la politique locale". Ainsi, pour savoir si l'épidémie aura réellement un impact sur l’abstention, il faudra observer de près le taux de participation des seniors, qui sont ceux qui votent le plus lors des élections municipales.

Les municipales sous la menace du coronavirus - Reportage de Manon Mella
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