Municipales : le gouvernement envisage un second tour en juin 2020 ou en janvier 2021, a indiqué Edouard Philippe aux chefs de partis

Un homme se tient devant les affiches des élections municipales organisées le 15 mars, le 16 avril 2020, à Marseille.
Un homme se tient devant les affiches des élections municipales organisées le 15 mars, le 16 avril 2020, à Marseille. (FABIEN DUPOUX/ SIPA)

Le Premier ministre a expliqué aux chefs de partis que la tenue du second tour à la rentrée 2020 était incompatible avec la rentrée scolaire et le calendrier législatif.

Faut-il tenir le second tour des élections municipales dès juin, ou attendre l'année prochaine ? Le gouvernement, plus que jamais accaparé par la crise du coronavirus, tenait une réunion entre Edouard Philippe et les chefs de partis, mercredi 20 mai dans la soirée, afin de d'échanger sur la date de tenue du second tour des municipales, reporté pour cause de pandémie. Edouard Philippe a expliqué que deux dates étaient envisagées par le gouvernement : la fin du mois de juin ou le mois de janvier 2021, a indiqué à France Télévisions l'un des participants à cette réunion. Pour l'heure, l'exécutif privilégierait l’hypothèse de juin, mais rien n'est encore officiellement acté.

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"Le Premier ministre a écarté septembre très clairement, et l'automne aussi, en disant c'est juin ou janvier", a rapporté le président de LR Christian Jacob. "Edouard Philipppe nous a dit soit juin, soit janvier 2021. Il n'envisage pas de scrutin à la rentrée", a renchéri le député LFI Alexis Corbière. 

Un calendrier trop chargé à la rentrée

Le Premier ministre a également souligné qu'aucune décision n'était prise à ce stade, selon plusieurs participants. L'entourage du Premier ministre a dit à l'AFP travailler sur deux hypothèses, dont celle d'un report des élections mais pas au-delà de janvier 2021. Un projet de loi est en préparation et sera examiné par le Conseil d'Etat en cas de report. Mais cela ne préjuge pas de la décision, a souligné cette source.

Edouard Philippe a considéré qu'un scrutin en septembre serait compliqué en raison de la rentrée scolaire. Et que les mois qui suivent sont aussi très contraints du point de vue parlementaire car il y a les lois de finance et cela ne permet pas de suspendre l'activité du Parlement pour faire campagne. Le rapport que le gouvernement doit remettre jeudi ou vendredi au Parlement contiendra une orientation de la position du gouvernement.

Les partis divisés sur la date

Lors de la réunion, Alexis Corbière, qui représentait La France insoumise, a exprimé son opposition à la tenue d'un second tour en juin. Le député s'est appuyé sur la position de Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, qui estime "qu'il serait compliqué de tenir campagne. Dans ces conditions, ça nous semble impossible de tenir ce second tour fin juin", a indiqué Alexis Corbière.

Même son de cloche du côté de Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France, qui a regretté que le gouvernement n'envisage pas un second tour en septembre. "J'ai plaidé pour un peu de prudence sanitaire et un peu de vitalité démocratique à la rentrée", a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Twitter.

A l'inverse, Christian Jacob a dit "qu'à partir du moment où les conditions sanitaires sont réunies", il était "favorable à ce que les élections se tiennent le plus rapidement possible et notamment en juin". Pour le vice-président du RN Jordan Bardella a affirmé pour sa part qu'il était, pour son parti, "très difficile de se prononcer dans la mesure où eux ont accès à des informations que nous, nous n'avons pas" et que "neuf jours après le déconfinement, il est encore trop tôt pour dire si oui ou non on pourra voter le 28 juin".

Les maires pour un second tour "au plus vite"

La vingtaine de maires qui ont échangé mardi avec Emmanuel Macron ont, pour leur part, souhaité que le second tour se tienne "au plus vite". Une quasi-unanimité des élus souhaite accélérer le mouvement, tranchant avec la bronca suscitée par la décision du gouvernement de maintenir le premier tour le 15 mars, la veille de l'annonce du confinement.

Argument numéro un des maires, en particulier des grandes villes : les nouvelles équipes municipales doivent se mettre en place pour préparer la relance économique. Les collectivités représentent 70% de l'investissement public, notamment dans le BTP, et les élus doivent pouvoir lancer de nouveaux chantiers, notamment dans les grandes villes et intercommunalités.

Dans son avis au gouvernement, le conseil scientifique ne s'est pas opposé à la tenue du second tour en juin, assorti toutefois de conditions pour renforcer la sécurité sanitaire durant l'ensemble du processus électoral.

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