Mort de George Floyd : "Ce n'est pas qu'une histoire américaine", selon François Ruffin qui pointe la situation française

François Ruffin, député La France insoumise et écrivain.
François Ruffin, député La France insoumise et écrivain. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

"La France est l'un des pays où il y a le moins de confiance entre la police et ses habitants", déplore le député de La France insoumise. Invité de France Inter, il évoque aussi l'après-coronavirus et la nécessité de repenser l'économie.

"Ce n'est pas qu'une histoire américaine", "la France est un des pays où il y a le moins de confiance entre la police et ses habitants", déclare mardi 2 juin sur France Inter le député La France insoumise de la Somme François Ruffin, à propos des manifestations et des violences aux États-Unis, après la mort de George Floyd lors de son interpellation par la police. "Je ne dis pas que la situation soit comparable parce qu'il y a un héritage de l'esclavage aux États-Unis", précise François Ruffin, en ajoutant que "d'une certaine manière, on peut le dire, il pourrait y en avoir en France".

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En France, "ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, il y a une rupture de confiance entre la police et la population. Ça a d'abord été une rupture de confiance entre la police et la population des quartiers populaires. Et avec les 'gilets jaunes', ça s'est généralisé", estime François Ruffin. "Les sociologues étudient cela et montrent que la France est l'un des pays où il y a le moins de confiance entre la police et ses habitants", poursuit-il. C'est "essentiellement dû à une pratique très intensive du contrôle d'identité qui n'est pas une pratique aussi répandue ailleurs, et encore moins une pratique ciblée comme ça l'est en France, où on a grosso modo les personnes typées qui se font trois fois plus contrôler que les personnes blanches", selon le député LFI. Il insiste sur la nécessité de la formation des policiers, et propose la tenue d'états généraux "pour une police de la confiance".

Repenser l'économie de l'après-coronavirus

"On doit passer en économie de guerre, en économie de guerre climatique", appelle le député. Plus largement, il pense qu'il faut repenser l'économie après la crise du coronavirus.

Il faut passer d'une économie des désirs à une économie des besoins.François Ruffin, député La France insoumise de la Sommeà France Inter

François Ruffin identifie "trois secteurs stratégiques" pour cela : l'agriculture, le bâtiment "pour sortir de la précarité énergétique" et "les métiers du lien ou les métiers du soin", comme "auxiliaires de vie sociale, assistantes maternelles, aides à domicile". Il souhaite ainsi "relocaliser sur les biens qui sont nécessaires" .

"Par exemple on n'a plus une seule usine de lave-linges alors que la Suisse en a deux", souligne-t-il.  "Il faut un changement de cap. Aujourd'hui, tout se fait sans cap ni boussole", "on cherche juste à remettre sur pied l'ancien monde", regrette François Ruffin.

Emmanuel Macron, on a l'impression que c'est un artiste, c'est Picasso. Il entre dans sa période bleue. Déjà, il nous avait promis une période verte. On ne l'a pas vue, la période verte.François Ruffin

"À aucun moment, au fil de cette crise, Emmanuel Macron n'a parlé d'égalité. À aucun moment, il n'a parlé de partage, dénonce François Ruffin. À aucun moment, il n'a parlé de répartition. On va recommencer de l'avant, comme avant, pire qu'avant".

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