Micro européen. Quantifier la paix

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Le risque est de plus en plus fort de voir se dégrader la paix dans le monde. Guerres, pandémies, troubles civils, menaces écologiques, un indice global de la paix est publié chaque année.

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L’Indice global de la paix est une étude publiée chaque année (Global Peace Index 2020), par l’Institut pour l’Economie et la Paix, (Institute for Economics & Peace - IEP). Ce groupe de réflexion indépendant a son siège à Sydney et des représentations à New York, La Haye, Mexico, Bruxelles et Harare. Cet institut travaille avec un large éventail de partenaires à l'échelle internationale et collabore avec des organisations intergouvernementales sur la mesure et la communication de la "valeur" économique de la paix.

"La mesure de la paix"

Cette "mesure" de la paix est commentée aujourd’hui par Serge Stroobants, depuis Bruxelles, le directeur pour l’Europe, l’Afrique du nord et le Moyen-Orient de l’IEP. Pour sa 14e édition, cet index global de la paix a classé 163 états et territoires indépendants selon leur niveau de tranquillité, et couvre 99,7% de la population mondiale, en utilisant 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs dans trois domaines: le niveau de sécurité sociétale, l’ampleur des activités nationales et les conflits internationaux, et le degré de militarisation. Le rapport de cette année comprend une analyse de l’effet de la pandémie Covid-19 sur la paix. 

L’indice de paix dans le monde  

L’étude montre que l'Islande reste le pays le plus paisible du monde, une place qu'elle occupe depuis 2008. Elle est rejointe au sommet de l'indice par la Nouvelle-Zélande, l'Autriche, le Portugal et le Danemark. L’Europe reste la zone dans le monde connaissant le meilleur indice de paix.

L'Afghanistan est le pays le moins pacifique du monde pour la deuxième année consécutive, suivi par la Syrie, l'Irak, le Sud-Soudan et le Yémen. Les régions les moins pacifiques sont toujours le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. La plus grande amélioration concernant la paix est survenue en Russie et en Eurasie, suivis de l’Amérique du Nord. L’Amérique du Sud et l’Amérique centrale et les Caraïbes ont enregistré la plus grande perte de paix, provoquée par la détérioration de la militarisation, de la sûreté et de la sécurité.

Quant au terrorisme et aux conflits internes, ils ont été les principaux contributeurs à la détérioration mondiale de la paix. Cependant, après avoir culminé en 2014, au plus fort de la guerre civile syrienne, le nombre total de morts du terrorisme a diminué chaque année au cours des cinq dernières années.

Les troubles civils  

Le rapport de l’IEP 2020 examine également les tendances des troubles civils durant la dernière décennie. Il constate qu'il y a eu une forte augmentation des troubles civils depuis 2011, sur plus de 96 pays. De 2011 à 2019, le nombre des émeutes a augmenté de 282% et les grèves générales de 821%.

L’Europe a connu le plus grand nombre de protestations, d’émeutes et de grèves sur la période, totalisant près de 1 600 événements de 2011 à 2018. 65% des troubles civils européens n'ont pas été violents. Les troubles civils en Afrique subsaharienne ont augmenté de plus de 800% sur la période, passant de 32 émeutes et manifestations en 2011 à 292 en 2018. La violence continue d'avoir un impact significatif sur les performances économiques dans le monde.

L’impact du coronavirus  

L’étude examine l'impact de la pandémie, et en particulier, les conséquences économiques qui augmenteront le risque de détérioration de la paix au cours des prochaines années. Elle pointe aussi les pays les mieux placés pour faire face au choc.

L'impact de la pandémie de coronavirus Covid-19 et en particulier ses effets économiques, auront probablement de graves conséquences sur le fonctionnement des sociétés. Cet impact pourrait entraîner des détériorations de la paix et accroître le risque de flambées de violence et de conflits. L'Europe est susceptible de voir une augmentation des troubles civils et une hausse de la récession, tandis que de nombreux pays africains seront confrontés à des conditions de famine.

Les nations qui sont le plus susceptibles de se remettre relativement rapidement de la crise sont celles qui combinent un faible niveau de dette publique. Mais la crise et la réaction d'isolement social devraient faire entrer la plupart des pays en récession en 2020. Les voyages, le tourisme et les industries risquent de subir de fortes contractions. Les autres secteurs touchés sont l'hôtellerie, le commerce de détail, les minéraux, les ressources, l’éducation, les loisirs, l’énergie et la navigation. Seuls les pays maintenus dans une paix constante ont une plus grande résilience à absorber, adapter et récupérer les chocs, tels ceux de la pandémie actuelle, et de la récession qui s’en suivra.

Les menaces écologiques

L’étude fait apparaître que le nombre de catastrophes naturelles a triplé au cours des quatre dernières décennies. D'ici à 2050, le changement climatique devrait créer jusqu'à 86 millions de migrants supplémentaires en Afrique subsaharienne, 40 millions en Asie et 17 millions en Amérique latine.

Les menaces écologiques induites par le changement climatique sont en corrélation avec la paix, ce qui suggère qu'une paix élevée dans les pays permet une plus grande capacité d'adaptation au changement climatique et à ses impacts négatifs.

Quant à l’insécurité alimentaire, 873 millions de personnes dans le monde ont connu une grave insécurité alimentaire, voire la faim en 2017. Le risque d'insécurité alimentaire pourrait quadrupler dans le monde. Plus de deux milliards de personnes vivent dans des pays en fort stress hydrique, et environ quatre milliards de personnes connaissent de graves pénuries d'eau pendant au moins un mois de l'année.  

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