Micro européen. La Roumanie et le coronavirus Covid-19

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D’après les dernières informations du gouvernement roumain les cas confirmés de Covid-19 sont aujourd’hui de 12 567 personnes, et 4328 personnes guéries.  

Comme l’a indiqué, notre invité, le journaliste Radu Ciobotea, les hôpitaux de Bucarest et Timisoara obtiennent de très bons résultats, dont celui de Timisoara mis en valeur à la télévision roumaine, d’autres villes sont fortement touchées avec une infrastructure hospitalière dramatique comme Brasov ou Suceava qui est le plus grand foyer d'infection de coronavirus du pays. Pour l’heure, selon des dernières informations, 726 Roumains sont décédés du Covid-19 pour une population d'environ 20 millions d’habitants. 

L’état d’urgence a été décrété le 16 mars dernier par le président Klaus Ioannis

Les mouvements des Roumains sont extrêmement  limités, le confinement  général est supervisé par l’armée, la police et la gendarmerie, les règles sont quasi identiques qu’en France, plus sévères pour les plus de 65 ans.

Les contrevenants à l’état d’urgence se voient infliger des amendes allant de 412 à 4 120 euros, rappelons que le salaire minimum étant de 270 euros net mensuel, et le salaire moyen 550 net mensuel. Le président ayant pris le taureau par les cornes, il intervient régulièrement à la télévision et la radio afin d‘informer la population comme ce fut le cas pour les fêtes de Pâques.

Rappelons que la Roumanie est un pays orthodoxe et les Pâques orthodoxes sont les fêtes les plus symboliques et fortement célébrées dans l’orthodoxie. Ainsi Klaus Ioannis n’y est pas allé par quatre chemins mettant en garde les Roumains afin qu’ils ne se rendent pas à l’église : "Restez à la maison, sinon nous aurons des funérailles...". Quant au déconfinement annoncé le 22 avril dernier, il débutera le 15 mai prochain.

La continuité des transports

Malgré l’épidémie, le ravitaillement sur le continent européen continue, et les camionneurs roumains sont aussi en première ligne. Car les livraisons se font dans toute l’Europe jusqu’en Turquie. L’attente aux frontières peut durer plusieurs jours, dûe, entre autres, au blocage des frontières hongroises, sans aucunes conditions sanitaires respectées, ni toilettes, ni douches, ni restauration.

Avec le stress des délais à respecter, s’ajoute la question de leur propre protection sanitaire, d’autant plus que les routiers roumains, comme d’autres d’ailleurs, doivent aussi livrer dans des pays fortement touchés par l’épidémie, comme l’Italie. Ce sont risques après risques, pour ces travailleurs de la route, soumis, il faut le dire, "au salaire de la peur".

Un chômage qui risque de repartir la hausse

Comme l’a indiqué Radu Ciobotea, l’arrivée des Roumains de "l’étranger" est un risque d’augmentation du chômage en Roumanie. Ces Roumains, deux millions, avaient quitté leur pays pour travailler en Europe de l’ouest, ils sont revenus en Roumanie parce que leur contrat de travail venait d’expirer ou encore parce qu’ils ne trouvaient pas de travail. Mais d’autres Roumains et Roumaines quittent le pays en pleine épidémie.

Des saisonniers malgré tout

Bien que les frontières soient fermées, des pays de l’Ouest de l’Europe font appel à des saisonniers agricoles roumains, avec l’accord du gouvernement  roumain. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la libre circulation des personnes et des biens est "respectée", avec des contrats en bonne et due forme, ainsi que des transports dédiés, mais bien souvent les normes de distanciation sont aléatoires.

Mais il n’y a pas que les saisonniers. Les aides à domicile, auxiliaires de vie et aides-soignantes sont aussi réclamées par des pays comme l’Autriche. Ces femmes roumaines, bien que mises en isolement préventif en Autriche, quittent leur pays pour subvenir aux besoins de leurs familles, ce qui ajoute au drame de l’épidémie, celui de la séparation familiale.

Les sans-abris roumains et le Covid-19

Tout ceci sans oublier la question des SDF en Roumanie, qui compte plus d’un millier de SDF. À Bucarest, la question des sans-abris est tragique, les rues sont transformées en désert urbain, et le Samu social français qui avait mis en place des maraudes depuis plus d’une dizaine d’années en créant l’ONG "Samu social Bucarest", ces dernières ne se font plus parce que cette ONG a suspendu ses activités, faute de moyens de protection, laissant les plus pauvres dans un dénuement catastrophique.

Dans les centres d’hébergement, les bénéficiaires ne sortent plus, mais on n’y entre plus, il existe encore des cantines et des foyers, dont un centre d’une fondation privée, le centre Parada qui n’a pas fermé ses portes, et où les mères avec de jeunes enfants viennent s’y ravitailler. Il faut dire que de nombreux SDF roumains vivent dans des cabanes de fortune, dont des mères avec enfants et des personnes âgées chassées par leur famille. Les SDF encore visibles dans les rues désertes sont ostracisés par la population qui les accusent d’être porteurs du virus.

Toutefois, le gouvernement a demandé aux municipalités de mettre en place des structures d’accueil pour les SDF, une tâche qui prendra du temps tant le pays est fortement touché par l’épidémie.  

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