Mayenne : "Il y a de la maltraitance", 99 directeurs d'école au bord du burn-out alertent leur hiérarchie

Une salle de classe à la réouverture des écoles en appliquant des mesures barrières strictes, le 18 mai 2020. (Photo d\'illustration)
Une salle de classe à la réouverture des écoles en appliquant des mesures barrières strictes, le 18 mai 2020. (Photo d'illustration) (FRANCE BLEU CHAMPAGNE / RADIO FRANCE)

Ils ont décidé de tirer la sonnette d'alarme : 99 directrices et directeurs d'école de Mayenne au bord de la rupture pointent le "stress" engendré par le confinement et la réouverture des classes, rapporte jeudi France Bleu Mayenne.

Stress, fatigue, insomnie, anxiété, ces fonctionnaires, qui représentent un tiers de la profession dans le département, n'en peuvent plus d'endosser depuis le mois de mars de lourdes responsabilités : le confinement et les devoirs à la maison, la prise de contact permanente avec les familles et les collègues enseignants, la préparation de la réouverture des établissements, le protocole sanitaire à mettre en place. N'en pouvant plus, ils décident de prévenir leur hiérarchie, selon France Bleu Mayenne jeudi 21 mai.

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Ce directeur d'école, qui a bien voulu témoigner pour France Bleu Mayenne, se dit épuisé : "On a énormément de petites choses à faire en plus de notre classe à faire. On ne trouve pas le temps de tout faire ou alors c'est sur notre temps personnel et c'est vraiment usant. La prise en compte de l'impact psychologique est niée. Ce n'est pas normal que 99 directrices et directeurs signent le même papier, c'est le signe qu'il y a de la maltraitance."

On pense qu'un enseignant, qu'un directeur d'école est capable de se sacrifier. Mais c'est faux.Un directeur d'écoleà France Bleu Mayenne

Et d'ajouter : "[Enseigner] ce n'est qu'une part de notre vie et quand ça piétine sur tout le reste c'est qu'il y a un malaise." Pour ce directeur d'école, il y a eu "des ordres, des contre-ordres et souvent beaucoup de précipitation, ça a engendré du stress avec de grosses surcharges de travail".

Des réouvertures en ordre dispersé

Il précise : "Des mairies ont décidé de rouvrir seulement des grandes sections de maternelle, tandis que d'autres ont choisi de rouvrir toutes les sections, ce n'est pas du tout le même nombre d'enfants, pareil pour l'élémentaire. Et puis, les petits ne respectent pas les mesures barrières. Vous imaginez, à 3, 4 ou 5 ans ? Et nous, on est au milieu de tout ça, on doit faire tampon, avec en plus les parents qui ne sont pas rassurés et se posent des questions. Donc oui, c'est hyper stressant en ce moment."

Une réunion avec l'inspection académique au sujet des 99 directrices et directeurs d'école en souffrance s'est tenue mercredi. Elle n'a pas permis d'avancer, selon le Syndicat national unifié des directeurs, instituteurs et professeurs des écoles de l’enseignement public FO (Snudi-FO), qui suit de près le dossier. Contactée, l'inspection académique n'a pas souhaité faire de commentaire.

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