Olivier Véran : « Il n’y aura pas de distribution gratuite de masques »

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Répondant à une question posée par la sénatrice communiste Christine Prunaud lors des questions d’actualité au gouvernement, Olivier Véran a soutenu que la distribution gratuite de masques pour tous n’était pas envisagée par le gouvernement. Des mesures pour faciliter leur accès aux plus précaires seront cependant mises en place.

La question est récurrente dans le contexte sanitaire, alors que la France se prépare à une éventuelle deuxième vague de l’épidémie de coronavirus et que le port du masque est devenu obligatoire dans les lieux publics depuis le lundi 20 juillet. Pointant du doigt le coût engendré par cette obligation nouvelle, de plus en plus d’élus se mobilisent pour demander la distribution de masques gratuits pour les citoyens les plus précaires. Invité du JT de 20h de TF1, ce mardi, Emmanuel Macron réagissait à la polémique, affirmant que le contribuable français n’avait « pas vocation à payer des masques » pour tout le monde, assurant que ceux qui ne pouvaient pas en acheter seraient « aidés ».

Mardi, dans l’hémicycle, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a soutenu qu’il y aurait bien des distributions de masques pour les plus précaires, promettant de  « réenclencher la distribution de masques gratuits » à destination des plus vulnérables, à savoir les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, ainsi que les « deux millions de Français porteurs de fragilités » qui « peuvent se faire rembourser les masques chirurgicaux sur prescription en pharmacie »

Des masques remboursés pour les Français les plus précaires

Ce mercredi, pendant la séance de questions au gouvernement, le sujet a de nouveau été abordé par la sénatrice communiste Christine Prunaud, qui posait par ailleurs sa dernière question dans l’hémicycle. S’adressant à Olivier Véran, la sénatrice a rappelé l’ « urgence » qu’entrainait la situation. « Le coût du port du masque, pour une famille de quatre personnes, s’élève à plus de 200 euros par mois », soutient Christine Prunaud. « Vous avez promis de distribuer des masques gratuits aux plus précaires, et aux personnes à risque. Mais pouvez-vous nous dire comment s’organisera cette sélection ? Quel organisme en sera chargé ? Au bout de combien de temps ? L’urgence est à la gratuité, dont le coût est moindre qu’une surcharge des soins en réanimation. Porterez-vous enfin le choix politique de la gratuité des masques pour tous ? Notre pays en a les moyens. »

Répondant à l’interpellation de la sénatrice, le ministre des Solidarités et de la Santé a confirmé que le gouvernement n’organiserait pas de distribution de masques pour tous. « J’ai répondu à une question similaire hier, et le président de la République a également eu l’occasion de s’exprimer pour dire qu’il n’y aurait pas de distribution gratuite de masques pour tous, aucun pays, d’ailleurs, ne le fait », a répondu Olivier Véran. « En revanche, des distributions de masques à destination des plus fragiles et des plus précaires ont bien eu lieu dès le début, alors que nous étions en train de constituer des stocks, nous assurions la distribution de 5 millions de masques par semaine de manière à protéger les plus fragiles. » Le ministre a, par ailleurs indiqué, que pour deux millions de Français les plus précaires, des masques chirurgicaux délivrés sur prescription pourraient être remboursés par l’Assurance maladie. « Je veillerai personnellement à ce que personne ne soit dans l’impossibilité de porter un masque pour des motifs financiers », a conclu Olivier Véran.

Contrôle sanitaire dans les aéroports : Olivier Véran renvoie les sénateurs à leurs responsabilités

Lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, Olivier Véran a été interpellé par la sénatrice Michèle Vullien sur la faiblesse des contrôles sanitaires dans les transports aériens. Il a rappelé que le Sénat avait rejeté le 2 juillet dernier la loi de sortie de l’état d’urgence qui prévoyait des mesures plus restrictives de protection.

« Le problème de la déficience des contrôles sanitaires dans les aéroports ne date pas d’aujourd’hui nous avons alerté dès le premier avril » a affirmé Michèle Vullien lors des questions au gouvernement. Pour la sénatrice UC, les mesures en place actuellement,  « l’affichage, la présence des services sanitaires ou une attestation sur l’honneur sont notoirement insuffisants ». Michèle Vullien rappelle au ministre de la santé, Olivier Véran, que « les études épidémiologiques montrent et démontrent que c’est de l’étranger que de nombreux foyers de contamination réapparaissent sur le territoire national » et regrettent que rien n’ait été fait pour prévenir cela. « Nombre de pays ont soumis leur autorisation d’accéder à leur sol aux seules personnes ayant présenté dans le pays de départ un test négatif quelle que soit leur nationalité. La Chine vient de le faire ce qui évite la situation ubuesque des contrôles impossibles à l’arrivée et des quarantaines invérifiables. Pourquoi ne le faisons-nous pas également au moins pour les voyageurs venant de pays à risque ? » a-t-elle interrogé.

« Vous nous avez désarmés dans la loi de sortie de l’état urgence sanitaire »

Le ministre de la santé a répondu qu’il y a un « avant et un après état d’urgence sanitaire ». Olivier Véran a par ailleurs rappelé que le Sénat a rejeté le 2 juillet dernier le projet de loi de sortie de l’état d’urgence sanitaire. Le ministre a ainsi demandé aux sénateurs de se rappeler des débats et « d’un certain nombre de tentatives pour lesquels je n’ai pas rencontré un franc succès et qui visait à ne pas totalement nous désarmer bien que nous sommes sortis de l’état d’urgence sanitaire pour mettre en place encore un certain nombre de mesures de protection des personnes en France », a-t-il indiqué sous le chahut des sénateurs. Le ministre de la santé renvoie donc la balle dans le camp des sénateurs : « Parmi ces mesures qui ne sont plus possibles hors de l’état d’urgence sanitaire il y en a une qui consisterait à imposer à un citoyen français en France de faire un test PCR », explique-t-il avant de préciser que la France est néanmoins un des seuls pays à avoir mis en place « des plateformes de tests PCR au sein même des aéroports ». Il a également affirmé que ces tests sont gratuits et pris en charge par la Sécurité sociale et que dans le cas où le voyageur ne ferait pas le test, « nous leur demandons de respecter une quatorzaine à domicile et nous les accompagnons dans la réalisation de cette quatorzaine ».

Le ministre a voulu remettre les sénateurs face à leurs responsabilités : « Je ne dis pas que la solution est parfaite, Mesdames Messieurs les sénateurs, mais que n’avez-vous pas pensé à cela au moment où vous nous avez désarmés dans la loi de sortie de l’état urgence sanitaire », s’exclame-t-il. « Je ne doute pas de votre volonté, mais on ne peut que constater que ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne pas », a répété la sénatrice Michèle Vullien, sous les applaudissements des autres sénateurs.

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