Agression d'un conducteur de tram à Dijon : les gardes à vue des deux jeunes levées car "les faits sont plus compliqués que ce qui a pu être indiqué", annonce le procureur

Une rame du tramway de Dijon.
Une rame du tramway de Dijon. (PHILIPPE RENAUD / FRANCE-BLEU BOURGOGNE)

Des échanges verbaux musclés ont fusé, suivi d'insultes, selon le récit de la CGT puis les deux voyageurs récalcitrants ont frappé le chauffeur. Il a été pris en charge par les pompiers.

Le parquet de Dijon annonce, vendredi 31 juillet, que les gardes à vue de deux jeunes soupçonnés d'avoir agressé un conducteur de tram jeudi soir vers 18h ont finalement été levées en fin d'après-midi. "Les faits sont plus compliqués que ce qui a pu être indiqué jusque-là", ajoute le tribunal dans son communiqué.

L'employé du réseau de transport Divia n'était pas en service quand les faits ont eu lieu mais portait bien son polo de travail siglé avec le logo de Divia. Il prenait le tramway en tant que passager quand il a remarqué deux jeunes hommes qui ne portaient pas de masque. Il leur a demandé d'en mettre un. L'un a obéi, l'autre a dit ne pas avoir de masque. Le chauffeur a ensuite demandé au voyageur récalcitrant de descendre du tram. "L'employé Divia affirme avoir alors entendu des insultes, voire des menaces, ce que conteste le jeune homme", raconte le procureur de la République Eric Mathias.

Cinq jours d'ITT pour le conducteur, quatre jours pour le passager

L’employé est sorti à son tour du tram et c’est à ce moment là, explique le procureur qu’une "altercation" a éclaté entre les deux hommes. Il y a eu "des violences réciproques" comme en témoignent les diverses blessures que présente le chauffeur et qui lui ont valu une incapacité totale de travail (ITT) de cinq jours. Le jeune homme avec qui il s’est battu, sans antécédents judiciaires, a lui aussi reçu diverses blessures nécessitant une ITT de quatre jours. Le second jeune homme, qui était lui aussi descendu du tramway à la suite de l'employé Divia, est intervenu, "soit pour séparer les deux hommes, soit pour venir en aide au premier jeune homme", indique Éric Mathias.

Selon le procureur, "il est nécessaire de poursuivre les investigations en enquête préliminaire, afin de déterminer le plus précisément possible les circonstances exactes et les responsabilités". Une "décision concernant l'orientation de ce dossier interviendra à l'issue des investigations complémentaires", précise Éric Mathias en lançant un appel à témoignages.

Le troisième épisode violent lié au port du masque dans les transports ce mois-ci

Jeudi soir, peu de temps après les faits, la CGT avait demandé le rappel des trams et bus au dépôt en soutien à leur collègue mais la direction avait refusé. Le service avait donc été été assuré toute la soirée. Le syndicat avait dit envisager une action ce dans la matinée de vendredi.

Jeudi soir, un mineur a été placé en garde à vue à Orléans après avoir frappé un conducteur de bus qui réclamait le port du masque. Le 10 juillet à Bayonne, un chauffeur de bus est mort après avoir été violemment agressé par deux hommes alors qu'il exigeait le port du masque pour trois autres.

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