Les travailleurs saisonniers étrangers peuvent-ils récolter les fruits et légumes ? Nos réponses à vos questions sur le déconfinement

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Tous les jours, la Cellule vrai du faux répond à vos questions. 

Des internautes se posent des questions sur les autorisations de déplacements vis à vis de certaines catégories de personnes sur #onvousrépond. Ainsi, "Louky" se demande "comment se fait-il que des étrangers puissent venir en France pour travailler et que je ne puisse pas me rendre dans mon chalet à 150 km à vol d'oiseau de chez moi ?”. 

Avec cette question, "Louky" fait allusion aux travailleurs étrangers saisonniers dont on parle beaucoup ces jours-ci, alors qu'une véritable course contre la montre est engagée pour récolter à temps les fruits et légumes de saison. Pour commencer à répondre à "Louky" et à la question sur son chalet, s’il ne peut pas le rejoindre, c'est probablement qu’il n’a pas une raison impérieuse de dépasser la limite des 100 km autour de chez lui, sinon il l’aurait précisé.  

Pour les travailleurs étrangers, leur venue en France revêt un caractère économique impérieux car l’agriculture manque de bras actuellement pour ramasser les fraises, les cerises, les abricots et encore les asperges. Si ces fruits et légumes ne sont pas récoltés à temps, ils vont pourrir sur place et seront très rares dans nos magasins et donc nos assiettes.

Travailleurs saisonniers bloqués  

Ces travailleurs étrangers peuvent-ils vraiment entrer en France, comme l’affirme "Louky" ? Pour l’instant non, car l’épidémie de Covid-19 a entraîné la quasi fermeture des frontières françaises. Les travailleurs étrangers sont restés dans leurs pays. Ceux qui ont tenté de venir ont été refoulés, comme ces Espagnols lundi à la frontière dans les Pyrénées ou et des Bulgares à Roissy la semaine dernière. Pourtant, le ministre de l’Intérieur avait annoncé des dérogations pour les saisonniers européens munis d’un contrat de travail, mais elles tardent à arriver.

Le monde agricole se fait du souci, FNSEA en tête. Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a rappelé mercredi que la France avait "besoin de ces travailleurs", qui représentent entre un tiers et la moitié de la main d’œuvre du secteur. Quant aux Français en chômage partiel qui sont venus travailler aux  champs pendant le confinement, ils ont été bien moins nombreux que prévu, et  aujourd'hui, ils repartent avec le déconfinement. Pour ceux qui restent, ils sont moins productifs que les saisonniers étrangers qui connaissent le travail par cœur.  Pour eux, Didier Guillaume estime que les dérogations tant attendues devraient arriver dans les jours qui viennent. 

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