"Les gens sont peut-être encore un peu frileux" : malgré le déconfinement, certains centres de vaccination restent peu fréquentés

44.000 nourrissons de trois à dix-huit mois n’auraient pas reçu six des onze vaccins obligatoires durant l’épidémie de Covid-19.
44.000 nourrissons de trois à dix-huit mois n’auraient pas reçu six des onze vaccins obligatoires durant l’épidémie de Covid-19. (FRED TANNEAU / AFP)

Pendant le confinement, le centre Bertheau à Paris (13e arrondissement), n'a accueilli qu'une vingtaine de patients. Les retardataires, étourdis ou anxieux, reviennent, mais très lentement.

La Haute Autorité de santé a récemment appelé à reprendre d’urgence les vaccinations. 44.000 nourrissons de trois à dix-huit mois n’auraient pas reçu six des onze vaccins obligatoires (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, méningite, hépatite B) durant l’épidémie de Covid-19. L’HAS se base sur l’étude d'Epi-phare qui regroupe l’Agence nationale de sécurité du médicament et l’Assurance maladie. L’activité reprend doucement malgré tout.

Un oubli ou un manque de vigilance

Depuis un mois, le centre de vaccination de la rue Charles Bertheau, dans le 13e arrondissement de Paris, accueille jusqu’à 25 patients par jour, soit environ quatre de moins qu'avant l'épidémie de coronavirus. Un allègement mis en place pour éviter une grande affluence en salle d’attente. Il faut dire aussi qu'il n'y a plus qu'un seul médecin pour les consultations, les cinq à six autres qui tournent habituellement étant mobilisés pour des dépistages à l'extérieur.

Autre mesure sanitaire : les fenêtres sont entrouvertes pour aérer. Patrick attend son tour, avec son masque sur le visage. "J'a besoin d'un vaccin du tétanos. J'ai onze ans, ça fait longtemps qu'on n'a pas regardé le carnet et d'un coup on s'est rendu compte qu'on avait besoin d'un vaccin pour moi et ça m'a beaucoup surpris mais je suis quand même content". Il y a eu beaucoup de retardataires les premiers jours qui ont suivi le déconfinement. Un oubli, un manque de vigilance des parents peut-être dû en partie à la crise sanitaire.

Ne pas reporter les vaccins des bébés

À l'accueil, Nadège a été surprise par le calme pendant les mois d'avril et de mai, "Sur les deux mois de confinement on a eu, peut-être, vingt personnes." La secrétaire regarde ses plannings : les deux prochains jours sont complets mais ça ne rattrapera pas le retard selon elle. "Maintenant on a de la place rapidement, ce qui n'était pas forcément le cas avant le confinement, ce qui veut dire que les gens sont peut-être encore un peu frileux malgré tout. On a peut-être aussi des gens qui sont habitués à aller dans d'autres centres et qui préfèrent attendre que leur centre habituel ouvre plutôt que de venir chez nous."

Sur les sept centres de vaccination de la mairie de Paris, trois ont rouvert plus ou moins complètement. La réouverture totale est envisagée au le 1er juillet. À part pour les bébés, il n’est pas dangereux de retarder la date mais il faut se vacciner impérativement, rappellent les équipes du centre Bertheau.

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