Le rendez-vous du Particulier. Confinement et voitures restées au garage, que font les assureurs ?

Y voir plus clair avec notre assurance auto en ce temps de crise sanitaire. Qu'ont décidé les assureurs ? Le point avec Pascal Frasnetti qui a enquêté pour le mensuel "Le Particulier" du groupe Le Figaro. Peut-on changer d'assureur et prendre une assurance moins chère ? 

Avec le Covid-19, les voitures sont souvent restées au garage ces derniers temps. Pascal Frasnetti a réalisé un dossier pour le mensuel Le Particulier pour savoir comment s'y prendre en ces temps de crise, en terme d'assurance auo. Contrats, garanties, et changement possible d'assureur. 

franceinfo : est-ce que les assureurs ont prévu un remboursement pour cette période ?

Pascal Frasnetti : Certains l’ont fait. La MAIF ou la GMF ont décidé de rembourser quelques dizaines d’euros sur la cotisation 2020. Mais ce n’est pas le cas de tous les assureurs, loin s’en faut. Alors, la redistribution n’est pas obligatoire, la Fédération française de l’assurance l’a rappelé fin avril. Elle reconnaît une baisse de 75% du nombre d’accidents sur une période de 2 mois, mais elle invite plutôt les assureurs à faire leurs comptes en fin d’année pour éventuellement répercuter une baisse sur les tarifs 2021, si les primes perçues en 2020 sont supérieures aux sinistres payés aux assurés.  

Et si on ne veut pas attendre 2021, peut-on changer d’assureur dès aujourd’hui et comment s'y prendre ?

Si votre contrat a plus d’un an, vous pouvez le résilier à tout moment, sans attendre l’échéance annuelle. Faites marcher la concurrence : aujourd’hui le marché de l’assurance auto est très présent sur Internet, notamment sur les comparateurs, on peut citer Assurland, Hyperassur, Les Furets ou Le Lynx : sur ces sites, on peut trouver en quelques minutes un contrat d’assurance adapté à ses besoins. Et vous pouvez ensuite comparer le tarif obtenu, à garanties équivalentes, avec votre contrat actuel.   

Alors quels sont les moyens de payer son assurance moins cher ?

La solution la plus classique, c’est d’abandonner la formule tous risques pour passer au tiers. On peut envisager cette solution lorsque le véhicule a fortement perdu de sa valeur, par exemple lorsqu’il atteint 6 000 à 7 000 euros. Soit en général dès 8 ans pour la majorité des citadines et 10 ans pour une berline.

Pourquoi passer au tiers dans ce cas : parce que même si votre contrat tous risques vous couvre, vous ne serez indemnisé que dans la limite de la valeur du véhicule. Vous pouvez aussi passer au tiers en fonction de l’usage, notamment si le véhicule vieillissant est moins utilisé ou s’il est devenu un deuxième véhicule. 

Pour réaliser des économies, vous pouvez également traquer les garanties inutiles en vérifiant si vous n’êtes pas assuré pour le même risque dans un autre contrat, par exemple si votre contrat d’assurance habitation inclut déjà une protection juridique complète. De même, il est inutile de souscrire une garantie panne mécanique si vous avez acheté votre véhicule neuf et si le constructeur l’inclut pendant la durée de garantie du véhicule.  

On parle souvent des franchises aussi : faut-il à tout prix les réduire ?

Oui, si on a les moyens. Mais si on cherche à réaliser des économies sur sa prime annuelle, on peut accepter un reste à charge sur certains types de dommages, ce qui permet de faire baisser facilement sa prime de 50 euros par an.

Tout dépend bien sûr de votre profil. Si vous êtes un excellent conducteur ou un petit rouleur, il est sans doute inutile de chercher une franchise ramenée à 0 euros. On pense à l’option assistance zéro kilomètre, qui permet une intervention sans tenir compte de la distance par rapport à votre domicile en cas de panne. Cette option n’est pas une priorité si vous ne vous servez pas tous les jours de votre véhicule, notamment à titre professionnel.  

À l’inverse, quelles sont les garanties indispensables ?

L’élément indispensable, on ne le dira jamais assez, c’est la garantie conducteur. Si votre contrat ne l’intègre pas, vous ne serez pas indemnisé en cas d’accident responsable ou en l’absence de tiers responsable, en cas de délit de fuite du responsable par exemple…Or, d’une part cette garantie n’est pas toujours présente dans les contrats au tiers ou au tiers élargi. Et d’autre part, pour être efficace, la garantie conducteur doit pouvoir se déclencher quel que soit votre degré de handicap post-accident.

Il existe, en effet, un seuil d’atteinte permanente à l’intégrité physique et psychique (AIPP), à partir duquel l’assureur prend en charge l’incapacité permanente suite à l’accident. Si votre taux d’invalidité est inférieur au seuil prévu dans votre contrat, vous ne serez pas indemnisé. Le seuil moyen de déclenchement de l’indemnisation s’établit à 10%. Mais il peut grimper jusqu’à 16%.

À l’inverse, les meilleurs contrats proposent des seuils de 5%, beaucoup plus protecteurs. Vérifiez enfin le plafond d’indemnisation. Il doit être d’au moins
400  000 euros, permettant de faire face aux conséquences de graves séquelles, par exemple, à une personne lourdement handicapée.    

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