Le rendez-vous du Particulier. Après le confinement et l'essor du télétravail, si on quittait les grandes villes ?

La crise sanitaire, le confinement et le télétravail ont donné le temps à un grand nombre de personnes de réfléchir à leur avenir. Une autre vie possible à la campagne ? Près d'une grande ville ? Comment s'y préparer. Marie Pellefigue a enquêté pour le mensuel "Le Particulier".

Le numéro de l'été du Particulier, le mensuel patrimonial du groupe Figaro, vient de paraître. Marie Pellefigue y signe un dossier dont le titre résume parfaitement la teneur : "Et si on quittait les grandes villes ?" 

franceinfo : quitter la ville, un sujet d'actualité bien sûr, après le confinement et l'essor du télétravail, ça turbine dans la tête de certains citadins...

Marie Pellefigue : le confinement qui a obligé certains à rester dans un petit appartement sans extérieur en centre ville a provoqué des envies de vert ! Quitter le centre d'une grande métropole pour partir s'installer dans une autre ville permet d'améliorer sa qualité de vie. D'abord parce qu'on gagne en espace, les prix sont nettement moins élevés dans les villes moyennes que dans les grandes métropoles. Mais on peut aussi acheter une maison avec un jardin, une typologie de biens difficilement trouvables dans les grandes villes. Ensuite parce qu'on évite beaucoup de déplacements en transports en commun, ce qui est le quotidien des habitants des grandes villes.    

Au-delà de la qualité de vie, l'immense avantage de quitter une grande ville et notamment Paris, c'est le prix de l'immobilier... Vous comparez ce que l'on peut acheter avec un budget de 300 000 euros par exemple

À 300 000 euros, on peut acheter un studio de 26m2 à Paris, un 42m2 à Saint-Ouen, un 80m2 à Rennes, un immeuble entier à Clermont-Ferrand ou une maison de 122m2 à Beaune sur 1000m2 de terrain. Mieux encore : à 600 000 euros, on peut acheter un 63m2 à Issy-les-Moulineaux, en première couronne de Paris, un 97m2 à Cannes ou une ville de 162m2 sur un terrain de 2100m2 à Guérande.    

Quels éléments ne faut il surtout pas oublier dans sa réflexion et dans le choix de son nouveau cadre de vie ?

Il faut avant tout mûrir son projet, et ne jamais partir sur un coup de tête - Il faut penser à son travail : voir s'il est possible de faire du télétravail et ne se rendre dans son ancien bureau que quelques jours par mois, ou trouver un nouveau poste dans sa nouvelle ville, ou carrément changer de métier ! Le travail du conjoint doit aussi être pris en compte, car s'il est possible de trouver un travail dans une ville moyenne, en trouver deux en même temps est plus compliqué.

Il faut rester dans une ville/région bien desservie par les trains et les axes autoroutiers pour que votre famille/vos amis viennent vous voir et que vous en fassiez autant. Il faut choisir un endroit câblé avec la fibre ou tout au moins parfaitement couvert par les opérateurs Internet et téléphone pour obtenir les meilleurs connexions rapides. Il faut surtout mûrir le projet en famille : si vous avez des ados, il sera plus compliqué de les "déraciner" de leurs copains que des enfants en maternelles.

On a beaucoup de choses à gagner en quittant une grande ville mais on peut en perdre d'autres, ça génère des réticences. Vous avez recueilli le témoignage de familles qui ont passé le cap et personne ne semble le regretter...

Aucune ne le regrette, mais toutes celles qui ont réussi ont mûri leurs projets et mis entre 1 et 2 ans avant de sauter le cap. En large majorité, ceux qui sont repartis d'une grande ville sont retournés dans leur région/ville de jeunesse, car ils y ont retrouvé de la famille et des amis. Sinon l'installation se fait dans une ville/région que les familles connaissent très bien et depuis longtemps pour y avoir passé des vacances en été par exemple.    

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