"Le plus compliqué sera le moment du dépouillement" : dans les communes de l'Oise touchées par le Covid-19, la difficile organisation des élections

Gilles Petitbon, maire sortant de Vaumoise, à la préfecture de Beauvais, le 29 février 2020.
Gilles Petitbon, maire sortant de Vaumoise, à la préfecture de Beauvais, le 29 février 2020. (DOMINIQUE TOUCHART / MAXPPP)

Le ministre de l'Intérieur a réaffirmé jeudi que les élections municipales se tiendraient comme prévu les 15 et 22 mars. Aucun aménagement n'est prévu pour les communes touchées par le coronavirus, qui redoutent une abstention record et se désolent de consignes gouvernementales éloignées de leur réalité.

"Les mêmes règles doivent être appliquées partout en France, c’est le ministère de l’Intérieur qui les fixe" : voilà ce que dit la préfecture de l’Oise, alors que l'épidémie de coronavirus paraît inexorable et que s'annonce le rendez-vous des élections municipales. En d’autres termes, pas de cas particuliers. Le ministre de l'Intérieur a réaffirmé jeudi que les deux tours se tiendraient comme prévu les 15 et 22 mars. Christophe Castaner a également évoqué les précautions spécifiques qui seront adoptées : des flacons de gel hydro-alcoolique seront placés à l'entrée des bureaux de vote, les électeurs devront respecter une distance de 1,50 m et les bureaux de votes devront être aérés.

Des consignes éloignées de la réalité

Sauf qu'à Vaumoise (Oise), par exemple, une commune directement touchée puisque l’un des conseillers municipal est décédé la semaine dernière, ces consignes semblent éloignées de la réalité. Le maire de la commune Gilles Petitbon, qui n’est pas candidat, sera le président du bureau de vote.

À mon sens, pour ce qui nous concerne ici, il est certainement préférable de ne pas faire les élections aux dates prévues.Gilles Petitbon, maire de Vaumoiseà franceinfo

Selon le maire de Vaumoise, plusieurs raisons plaident pour un report. D’abord, le bon sens, selon lui : dans l’Oise, tous les rassemblements sont interdits jusqu’au 14 mars, veille de l’élection. "C’est vrai que le vote est un acte civique, concède le maire. Mais il est civique aussi de ne pas se déplacer pour ne pas propager le virus. Quel civisme on prend ? Je pense que la peur l’emportera pour beaucoup. Plus on s’approchera du scrutin, plus les gens se poseront de questions : pour beaucoup, la réponse sera de rester à la maison."

Le maire estime que dans ces cas-là, l’abstention sera très forte. Il craint également que certains de ses assesseurs ne se présentent pas le jour de l’élection. "Le plus compliqué sera le moment du dépouillement, qui est obligatoirement public : on ouvre la salle et tout le monde peut rentrer !", s’exclame l’édile. Donc, le 15 mars, plusieurs dizaines de personnes pourront assister au dépouillement alors que la veille, même les mariages seront interdits.

"Il n’y a pas de temps à perdre !"

Autre points très concret qui pose problème : le gel hydroalcoolique. Le ministre de l’Intérieur indique que des flacons seront placés à l'entrée des bureaux de vote. "Qui va nous fournir ces gels ? On n’en trouve plus, ni dans les pharmacies, ni dans les grandes surfaces : on fait comment ?", s’interroge Alain Vasselle, le président de l’union des maires de l’Oise.

"Le gouvernement annonce qu’il a réquisitionné les entreprises, qu’il a réquisitionné le matériel, poursuit-il. Mais on ne sait rien sur la distribution et la Préfecture ne nous donne aucune information… Il n’y a pas de temps à perdre !" Surtout pour les communes les touchées, comme Crépy-en-Valois, par exemple, où trois têtes de listes sur huit sont confinées chez elle.

Dans les communes touchées par le covid-19, la difficile organisation des élections - un reportage de Valentin Dunate
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