Le mot de l'éco. Après le choc sanitaire et le choc économique, quelle reprise pour l'économie ?

Alors que la France entre dans son premier week-end de déconfinement, quelle sera ou plutôt qu’elle pourrait être la nature de la reprise économique ?

À cette question de la nature de la reprise économique, après les chocs sanitaire et économique liés à la pandémie du Covid-19, les gouvernements ont des réponses circonspectes, prudentes ou volontaristes, mais les économistes ont, à défaut d’autre chose, des modèles.

Des modèles plus que des prédictions

Avec comme toile de fond, une économie qui a été volontairement mise sous cloche en raison du confinement. Même si près de 400 000 commerces ont pu rouvrir lundi dernier, 11 mai, la nature, l’intensité, en résumé, le profil d’une possible reprise économique est encore très incertain. Les prévisions de croissance sont assez sombres,  le gouvernement table, au mieux, sur une contraction du PIB de 8%. Et les économistes imaginent donc des scénarios plus ou moins positifs, en forme d’abécédaire, en U, V, W ou L.

Les économistes les plus optimistes - ils ne sont pas les plus nombreux désormais - envisagent un modèle en V. Imaginez une courbe, cela veut dire, une forte chute de l’activité, suivie d’une reprise forte et rapide, pour revenir au niveau initial.

Il y a aussi la courbe en U, avec un redémarrage beaucoup plus lent, beaucoup plus progressif de l’activité. Mais d’autres modèles envisagent des hypothèses plus pessimistes. C’est la reprise en L. Une chute vertigineuse de la production, suivie d’une contraction des prix et des salaires, qui alimente à son tour une baisse de la demande, et à terme, de la production. Pas tellement plus réjouissant, le scénario en W, celui d’une reprise suivie d’une rechute, toute aussi forte de l’activité économique.

Beaucoup d'inconnues quant à la nature de la reprise 

Bien sûr, à ce jour, il y a surtout des inconnues quand à cette reprise économique. D’abord, en termes sanitaires, une seconde vague épidémique, provoquant un confinement d’une partie de la France, serait évidemment lourde de conséquences.

Autre incertitude sur le niveau et les habitudes de consommation des Français, après ces longues semaines de confinement, alors que certains secteurs, comme le tourisme et la restauration, vont être durablement affectés.

Qu’en sera-t-il surtout du niveau du chômage dans les six mois qui viennent ? Le chômage partiel a, jusqu’à maintenant, permis d’éviter des suppressions d’emplois massives. Mais dans l’intérim, les contrats courts, près d’un demi-million d’emplois ont déjà été détruits au premier trimestre 2020. 

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