Le décryptage éco. Gafa : la France aura sa taxe numérique d'ici la fin de l'année

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La taxe sur les géants du numérique revient sur la table. Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, promet de la mettre en œuvre dès cette année. Cette fois il ne reculera pas. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

Une taxe sur les géants du numérique - Google, Amazon, Facebook, Apple - ou taxe Gafa, cela fait longtemps que Bruno Le Maire en veut une. L’année dernière, bien avant le Covid-19, la France avait déjà élaboré et même commencé à collecter son propre impôt numérique. Mais cela lui avait valu des menaces de représailles commerciales de la part des États-Unis. Du coup, la France avait suspendu sa taxe. Bruno Le Maire avait alors préféré se ranger derrière les négociations internationales en cours sur ce sujet au sein de l’OCDE.

Le ministre expliquait alors qu’une taxe Gafa serait plus efficace si elle s’appliquait au niveau mondial. Sauf que la crise a changé la donne. Déjà, les discussions internationales sur la taxe numérique ont été stoppées. Et puis surtout, les firmes du numérique sont, en fait, les grands gagnantes de l’épidémie, D’où cette volonté de Bruno Le Maire de les faire participer à l’effort national alors que la France vit une violente récession  

Le ministre veut aller vite 

Que les discussions internationales aboutissent ou pas, dans tous les cas, la France appliquera sa propre taxe numérique à la fin de l’année. Cette fois sera la bonne, même si Bercy espère toutefois trouver un accord au niveau européen. Mais la Suède et l’Irlande qui hébergent les sièges de ces géants freinent des quatre fers. Après des réticences, l'Allemagne finalement suit la position française mais le compromis est loin d’être acquis.   

La taxe française de 2019 portait sur le chiffre d’affaires numérique, c’est à dire sur les revenus publicitaires, mais aussi sur les revenus issus de la revente de données personnelles que les firmes peuvent empocher. L‘année dernière, le gouvernement l’estimait à 400 millions d’euros, une quarantaine d’entreprises étaient concernées. 400 millions d’euros, ce n’est pas énorme au regard des milliards que ces géants du numérique empochent, surtout en ce moment.

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