Le décryptage éco. Coronavirus : la chaîne de vêtements et chaussures La Halle précipitée vers la faillite

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Entre mi-mars et mi-mai, La Halle risque de perdre 100 millions d'euros. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

La marque de vêtements et chaussures, la Halle, vient d’être placée en procédure de sauvegarde. La chaîne de magasins connaissait déjà des difficultés. La crise du Covid-19 signera-t-elle le coup de grâce ? Les syndicats sont inquiets, ils craignent la vente ou même la disparition de 300 magasins sur les 860 au total que compte La Halle dans l’hexagone. Ils s’inquiètent aussi pour deux sites logistiques de la marque et ont peur pour leurs emplois. La Halle, en France, c’est près de 6 000 salariés.

Le tribunal de commerce de Paris a accepté l’ouverture d’une procédure de sauvegarde de six mois, ce qui laisse un petit répit puisque le dispositif permet au groupe Vivarté, propriétaire de l’enseigne, de renégocier des créances, d’étaler ses règlements, de geler le paiement des loyers. Le temps, normalement, de se réorganiser et de trouver des solutions pour remettre le navire à flots. Sauf que, dans le contexte actuel, on se dit que six mois, ça risque de ne pas suffire pour sauver la boutique. Surtout qu’avec le confinement, tous les points de vente sont fermés. Et les pertes s’accumulent : entre mi-mars et mi-mai, la période du confinement, La Halle risque de perdre 100 millions d'euros. 

Ces dernières années, La Halle a déjà connu deux plans sociaux. Certes, le secteur du vêtement et de la chaussure est à la peine depuis 10 ans. Et il y a eu le mouvement des "gilets jaunes", et la grève contre la réforme des retraites, à la fin de l’année qui ont encore perturbé les ventes. Mais, les syndicats, et notamment la CFDT, la première organisation du groupe, accusent la direction de "profiter" du coronavirus pour faire supporter à l'État la facture de la restructuration du groupe. C’est vrai que Vivarté est déjà très endetté, et depuis longtemps. En février dernier, avant le Covid-19, le groupe avait déjà cédé par exemple les chaussures San Marina. Là, la crise accélère le délestage.  

Plusieurs grandes enseignes sont au bord de la faillite

La chaîne de chaussures André, pourtant centenaire, a elle aussi été placée en redressement judiciaire il y a quelques jours. Pareil pour le groupe Orchestra-Prémaman, spécialisé dans le prêt-à-porter pour enfants et les articles de puériculture, ou encore MDA, qui fait de la vente discount d’électroménager. Ils ont tous demandé des procédures de sauvegarde. La liste des entreprises est déjà fournie et malheureusement, ce n’est qu’un début. Malgré le plan d’urgence déployé par l’État, les marques qui étaient déjà fragiles risquent bien d’y laisser leur peau.

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