Le décryptage éco. Baisse en trompe-l'oeil du chômage

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

7,8% de chômage en France, chiffre donné jeudi par l'Insee. L’institut souligne que ces statistiques du premier trimestre ne couvrent qu’une toute petite partie de la crise. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

L’Insee vient de dévoiler le taux de chômage pour ce premier trimestre : il est de 7,8%. C’est une surprise mais cette baisse est trompeuse. L’Insee explique bien que cette diminution de 0,3 points ne traduit pas une amélioration réelle du marché du travail. Il faut avoir en tête la façon dont cette statistique du Bureau international du Travail est établie, il s’agit d’une enquête déclarative, et là, précise l’Insee, elle s’est faite dans des conditions particulières.

L’institut souligne surtout que ces statistiques du premier trimestre ne couvrent en fait qu’une toute petite partie de la crise. Comme le confinement a commencé le 16 mars, dans ce chiffre, il n’y a donc que 15 jours d’arrêt de l’économie et deux mois et demi d’activité normale et une activité qui se portait bien puisqu'à la fin de l’année dernière, la France avait fini sur une note très positive. Le taux de chômage était tombé à 8% de la population active, son plus bas niveau depuis la crise 2008. Le chiffre de ce jeudi 14 mai à 7,8% est donc une baisse en trompe l’œil, comme le dit l’Insee.  

Une remontée dans les mois à venir

Il ne fait aucun doute que le deuxième trimestre ne sera pas bon parce qu’on a été confinés tout le mois d’avril et la première moitié du mois de mai. Le pays était quasi à l’arrêt, et la reprise se fait doucement. Il n’y a qu’à voir les chiffres de Pôle emploi. Ils donnent une autre tendance : + 7% d’inscrits en mars, ce qui veut dire près de 250 000 demandeurs d’emploi en plus. Du jamais vu.

Avec le confinement, les CDD n’ont pas été renouvelés, les intérimaires se sont retrouvés sans emploi. Et encore, le gouvernement a amorti le choc avec le chômage partiel, aujourd’hui encore, près de 12,5 millions de salariés français en bénéficient, c’est quasiment un salarié du privé sur deux. Sans activité, ces travailleurs conservent, grâce à l’État, leur salaire, ils gardent aussi leur contrat de travail, et ils ne sont donc pas à Pôle emploi. Une partie d'entre eux risquent de basculer en chômage tout court. 

Vous êtes à nouveau en ligne