Le décryptage éco. Aide exceptionnelle aux jeunes : qui va en bénéficier ?

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Le Premier ministre a annoncé lundi 6 mai une aide de 200 euros pour 800 000 jeunes en situation précaires, afin de les aider à passer la crise sanitaire. Qui va en bénéficier exactement ? Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

Cette aide vise les étudiants modestes, qui ont perdu des revenus avec la crise mais aussi plus largement les jeunes précaires. Le gouvernement veut soutenir les moins de 25 ans.  Ils n’ont pas droit au RSA, le revenu de solidarité active, et s’ils n’ont pas d’enfant, ils n’ont pas non plus accès à l’aide aux familles qu’Emmanuel Macron a annoncée mi-avril.

L’objectif, c’est donc de faire un geste pour ces jeunes qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts en temps normal et qui, avec la crise, se retrouvent dans des situations économiques dramatiques. Pour eux, le confinement, ce sont des frais en plus. Les étudiants, par exemple, ne peuvent plus aller dans les restaurants universitaires où ils avaient des repas à bas prix. Ils doivent faire leurs courses au supermarché, ce qui revient beaucoup plus cher. Pareil pour tous ceux qui vivaient de petits boulots et qui se retrouvent aujourd'hui sans emploi. Certains d'entre eux, qui n’étaient pas toujours salariés et pas toujours déclarés, se retrouvent donc sans chômage partiel. Au total, le gouvernement table sur 800 000 jeunes, éligibles à un coup de pouce de 200 euros.

Un versement du CROUS pour les étudiants et de la CAF pour les bénéficiaires des APL

Ce sont les caisses d’allocations familiales (CAF) qui verseront la somme. Elles cibleront les jeunes bénéficiaires de l’aide personnalisée au logement (APL). Les Crous s'occuperont de leur côté de verser la somme aux étudiants. Le versement de ces 200 euros est prévu entre le 1er et le 15 juin prochain. Une aide exceptionnelle d’urgence, distribuée une seule fois. Les associations saluent le geste, mais elles estiment que c’est insuffisant et surtout tardif.

Le gouvernement se justifie en expliquant qu’il faut du temps pour identifier et cibler ces jeunes précaires, aux profils très différents et qui ne sont pas toujours rattachés à des structures. Entre ceux qui travaillent, font leurs études, ceux qu’on appelle les décrocheurs, qui ne sont ni en formation, ni en emploi… Bref, le gouvernement tente surtout de combler un manque dans son dispositif d'assistance. En France, on estime que 20% des moins de 30 ans vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

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