Le coronavirus actuel est plus infectieux que la version originale, suggère une étude

La variante D614G du Covid-19 serait trois à six fois plus capable d\'infecter des cellules humaines, selon une étude parue dans \"Cell\", le 2 juillet 2020.
La variante D614G du Covid-19 serait trois à six fois plus capable d'infecter des cellules humaines, selon une étude parue dans "Cell", le 2 juillet 2020. (DOWELL / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Ces résultats, obtenus notamment grâce à des analyses in vitro, ne signifient pas forcément que la variante actuelle du Covid-19 se transmet plus facilement entre humains.

On en apprend chaque jour un peu plus sur l'épidémie de coronavirus. La variante du Sars-CoV-2, le nom précis du virus, qui circule aujourd'hui dans le monde infecte plus facilement les cellules que celle qui est apparue à l'origine en Chine en 2019. Cette plus grande infectiosité la rend probablement plus contagieuse entre humains, bien que cela reste à confirmer, selon une étude publiée jeudi 2 juillet dans la revue américaine Cell (en anglais).

"Nous ne savons pas encore si une personne s'en sort moins bien avec elle ou non", a commenté Anthony Fauci, directeur de l'Institut des maladies infectieuses américain, dans un entretien vidéo à la revue scientifique Jama (en anglais). "Il semble que le virus se réplique mieux et puisse être plus transmissible, mais nous en sommes toujours au stade d'essayer de le confirmer."

Comme tout virus, le Sars-CoV-2 mute en continu. La variante qui s'est développée en Europe et installée aux Etats-Unis, nommée D614G, concerne une seule lettre de l'ADN du virus, à un endroit contrôlant la pointe avec laquelle il pénètre les cellules humaines. Les chercheurs des universités de Sheffield et Duke et du laboratoire national de Los Alamos, ont établi en avril que D614G dominait désormais et ont alors affirmé que la mutation rendait le virus "plus transmissible", rapportait Le Figaro.

Un virus "plus apte" à infecter des cellules humaines

Cette assertion avait été critiquée, car l'équipe n'avait pas prouvé que la mutation elle-même était la cause de la domination : elle pouvait avoir bénéficié d'autres facteurs ou du hasard. Les scientifiques ont donc réalisé des travaux et des expériences supplémentaires in vitro, à la demande notamment des éditeurs de la revue Cell.

Ils ont d'abord analysé les données de 999 patients britanniques hospitalisés à cause du Covid-19 et observé que ceux ayant la variante du virus avaient certes plus de particules virales en eux, mais sans que cela ne change la gravité de leur maladie. D'autre part, des expériences en laboratoire ont montré que la variante était en revanche trois à six fois plus capable d'infecter des cellules humaines. "Il semble probable que c'est un virus plus apte", dit Erica Ollmann Saphire, qui a réalisé l'une de ces expériences, au La Jolla Institute for Immunology. Tout est dans le "probable" : une expérience in vitro ne peut reproduire la dynamique réelle d'une pandémie.

La conclusion la plus stricte est donc que si le coronavirus qui circule actuellement est sans doute plus "infectieux", il n'est pas forcément plus "transmissible" entre humains.

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