Le conseil santé : "Je n'ose pas dire à ma soeur et à son mari qu'ils ne viennent pas nous voir, j'ai peur qu'ils nous contaminent"

Nous sommes très nombreux aujourd'hui à vivre des situations délicates, comme celle que traverse Sonia en ce moment. Elle n'ose pas dire à sa famille, sa soeur et son mari, qu'elle préfère qu'ils restent chez eux, car ils habitent en zone rouge, et elle en zone verte. Comment faire ?

Aujourd'hui la psychanalyste Claude Halmos répond à la question de Sonia : "Ma sœur et son mari voudraient venir passer une semaine chez nous, à la campagne. Ça m’inquiète parce qu’ils habitent en zone rouge, et nous en zone verte, et j’ai peur qu’ils nous contaminent. Mais je n’ose pas leur dire de rester chez eux. Comment faire ?" 

franceinfo : votre réponse, Claude ? 

Claude Halmos : Je dois dire qu’il faut d’abord rappeler à Sonia que, parmi les droits que nous avons, tous, il y a celui d’être inquiet. Et que nous devons revendiquer ce droit. Surtout quand notre inquiétude est fondée. Et celle de Sonia, l’est ; parce que l’on peut effectivement, en circulant dans un pays, y faire circuler le virus.   

Ce n’est pas un fantasme, né de l’imagination de Sonia. C’est un risque réel. On peut décider de composer avec ce risque, et de circuler (dans les limites autorisées) en prenant les précautions nécessaires pour se protéger, et protéger les autres. Mais on a le droit aussi de penser préférable de ne prendre aucun risque et, pendant un certain temps, de ne pas circuler, ni recevoir des gens qui ont choisi de le faire.        

Oui mais comment le leur annoncer ? C'est difficile !   

Dire non à un autre, est toujours difficile. On craint, d’une part, de le faire souffrir ou du moins, de le mécontenter. Et, d’autre part, de lui donner de soi une image déplaisante, de perdre son amour, de provoquer sa colère, d’être rejeté.

Et cela peut arriver. Parce que certaines personnes ne supportent pas que l’autre soit…un autre qui, par définition n’a pas les mêmes désirs qu’elles. Ou en tout cas, pas au même moment. Donc, quand on veut dire non, il faut d’abord se sentir légitime à le faire (ce qui suppose de pouvoir se donner le droit d’avoir un désir à soi). Ensuite, être prêt à supporter le mécontentement de l’autre : cela peut être le prix à payer.

Et surtout se rappeler que, si l’on est rejeté, au seul motif que l’on a osé dire non, c’est que l’on n’était pas vraiment aimé (parce qu’aimer suppose d’accepter, et de respecter ce qu’est l’autre). Et que, donc, même s’il est douloureux de l’admettre, on n’a pas perdu grand-chose…  

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