"Le confinement diminue les pressions sur les populations d'insectes", affirme l'Union internationale pour la conservation de la nature

Des coccinelles au printemps. 
Des coccinelles au printemps.  (ÉLODIE ACOULON / RADIOFRANCE)

François Letourneux, le vice-président du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature, détaille l'impact positif du confinement sur les populations d'insectes.

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Une étude parue vendredi 24 avril, menée par uen équipe de chercheurs allemands, néerlandais et russes, nuance l'idée d'un effondrement de la population mondiale d'insectes. Elle parle à la fois d'un déclin et d'une croissance.

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Pour François Letourneux, le vice-président du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn), "le confinement a l'intérêt de faire diminuer un certain nombre de pressions sur les populations d'insectes". Interrogé par franceinfo, François Letourneux évoque entre autres la baisse de la pollution et la diminution des perturbations lumineuses.

franceinfo : Pourquoi parle-t-on de croissance dans cette étude ?

François Letourneux : L'étude qui a surpris tout le monde, il y a deux ou trois ans, avait montré que les populations d'insectes volants avaient diminué de 80 % dans les réserves naturelles d'Allemagne depuis 1989. Cette étude n'a pas été contestée, elle n'est d'ailleurs pas contestable, ses méthodes étaient indiscutables. Ce qui se passe c'est que la situation est beaucoup plus nuancée d'une partie du monde à l'autre. Elle est aussi nuancée d'une famille d'insecte à l'autre. D'autre part, le confinement a l'intérêt de faire diminuer un certain nombre de pressions sur les populations d'insectes, qui sont un certain nombre de pollutions, de pollutions lumineuses, de conflits entre la circulation automobile et les insectes.

Peut-on déjà mesurer les effets bénéfiques du confinement sur les insectes ?

Il s'agit plutôt d'effets moins négatifs. On ne peut pas les mesurer. On peut les constater. Il y a deux raisons pour lesquelles il y a plus de biodiversité depuis le confinement. La première c'est qu'il y a moins de pollution. Même si la Fnsea vient de faire abroger l'interdiction de pulvériser à proximité des habitations, mais bon. Les pesticides agricoles sont les plus grands coupables de perte de biodiversité en Europe. Mais même si c'est comme ça, la deuxième raison c'est qu'on regarde la biodiversité parce qu'on s'ennuie. Donc une bonne partie des observations qui parviennent aux associations de protection de la nature ou aux scientifiques sont des observations faites par des gens qui sont assis en face de leur jardin et regardent autour deux plus souvent que d'habitude. On nous signale par exemple en Île-de-France beaucoup de collemboles dans les maisons. Ce ne sont pas à proprement parler des insectes, mais ce sont de toutes petites bêtes. Les gens les voient parce qu'ils sont dans leurs maisons. Mais il y a des collemboles dans les maison à chaque printemps.

Mais est-ce que le fait que la moitié de l'humanité soit confinée un mois ou deux pourrait avoir des conséquences durables sur la biodiversité ?

Il ne faudrait pas que l'on se satisfasse d'une baisse de diminution de la population d'insectes. Une légère amélioration d'un phénomène qui demeure négatif. Ce qui nous plaît, c'est que les gens aient pris l'habitude de regarder la nature. On espère qu'ils y feront plus attention. Notre vrai problème en tant qu'association de conservation de la nature c'est que plus personne n'y fait attention, sauf les militants. On espère que le confinement donne envie aux gens qui ont un mode de vie urbain de regarder autour d'eux.

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