Le brief éco. Déconfinement : de l’épargne à la consommation

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Les encours du mois de mars 2020 – les montants déposés sur les livrets A et sur les LDD, nos deux produits d’épargne – ont augmenté de 50% par rapport au même mois de l’an dernier.

Le gouvernement travaille sur les scénarios de relance et de sortie de crise. L’un des piliers de la reprise sera la consommation, notamment grâce à la libération de l’importante épargne des Français.

Le premier signal sera donné par le consommateur. Le pouvoir d’achat aura été entamé par le chômage partiel mais l’épargne n’aura pas été touchée. Au contraire : une moindre consommation de masse en période de crise laisse une capacité de rebond de la consommation une fois la crise terminée. En ce moment, nous consommons essentiellement de l’agroalimentaire, nous n’achetons pas de gros électroménager, pas de voitures, etc. En conséquence, le taux d’épargne disponible a grimpé de son niveau actuel de 15% des revenus à plus de 20%. Et ce taux augmente chaque jour.

Importance des livrets d’épargne défiscalisés

Dans ce contexte le livret A, et les LDD (les Livrets de Développement Durable), jouent un rôle clef. Les encours du mois de mars 2020 – les montants déposés sur ces deux produits d’épargne – ont augmenté de 50% par rapport au même mois de l’an dernier. En mars, le montant total des dépôts sur les deux livrets a atteint 3,8 milliards d’euros. Il s’agit des petits épargnants, pas des grosses fortunes. Sur la population totale de 67 millions de français, nous sommes 55 millions à disposer d’un livret A ou LDD pour un montant total autour de 500 milliards d’euros.

Libérer l’épargne

La stratégie du gouvernement sera donc de faire en sorte que cette épargne soit "libérée" pour servir à consommer. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), cette épargne forcée pendant le confinement atteindrait 55 milliards d’euros, soit près de 1% du stock d’épargne des ménages en France. La Banque de France chiffre à 5 400 milliards d’euros le taux d’épargne disponible des Français aujourd’hui si l’on ajoute les placements de l’assurance-vie. Donc oui, c’est une manne formidable pour relancer la consommation une fois venu le déconfinement. L’État devra probablement inventer une fiscalité avantageuse pour convaincre les Français de libérer cette épargne. Il a déjà commencé par réduire le taux de rémunération des livrets défiscalisés de 0,75 à 0,5%. Autre enjeu, plus loin que la consommation : le fléchage de l’épargne vers l’investissement dans les entreprises.

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