Le billet sciences. Quelle est l'efficacité des masques alternatifs faits maison ?

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Les masques faits maison sont souvent moins bien ajustés sur le visage et ils sont trois fois moins filtrants que les chirurgicaux.

Dès l'épidémie de Sras de 2003, les chercheurs de l’université de Cambridge s'étaient penchés sur l'efficacité des masques. Ils avaient même anticipé qu’en cas de pandémie, les stocks de masques chirurgicaux ou professionnels, comme les FFP2, viendraient à manquer. Ils avaient donc comparé leur pouvoir de filtration avec ceux de masques alternatifs, c’est-à-dire faits maison. 

Leurs travaux ont comparé des masques faits avec un tee-shirt en coton, un torchon, une écharpe en soie, en lin. Ils estiment que ces masques faits maison sont souvent moins bien ajustés sur le visage et qu'ils sont trois fois moins filtrants que les chirurgicaux. Parmi les tissus, c'est la serviette éponge qui est la plus efficace. Le sac d’aspirateur est encore plus filtrant mais comme il produit des fibres, il n'a pas d'agréement Afnor puisque respirer des fibres, ce n’est pas du tout bon pour la santé. Surtout, les chercheurs concluent leur étude en disant que ces masques alternatifs valent mieux qu’aucune protection.

Une protection vaut mieux que zéro

Pour George Gao, directeur du Centre de prévention des maladies en Chine, "la grande erreur aux États-Unis et en Europe est que la population ne porte pas assez de masques". D’autres responsables sanitaires pensent que la distanciation sociale et le lavage des mains sont plus importants.

Face à ce virus et aux nombreuses questions qu'il pose, il vaut mieux plusieurs protections. Les masques aussi ont leurs failles. Un masque bien mis et changé souvent, c’est efficace, mais un masque, même FFP2, taché ou mouillé, n’assure plus son rôle. Des chercheurs sud-coréens ont fait tousser des patients avec et sans masques, ils ont vu de toutes petites particules virales qui pouvaient passer à travers leurs filtres, même si elles allaient moins loin dans l’air chez les patients masqués. Quand une personne est malade, elle sait qu’elle doit porter un masque pour ne pas transmettre le virus mais il y a aussi les personnes sans symptôme, et pour toutes les autres ; un masque sur la bouche et le nez c’est une deuxième barrière : c'est pourquoi l’Académie de médecine recommande un masque même alternatif dans les lieux publics.  

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