Le billet sciences. Davantage de cauchemars, de rêves du travail et de rêves érotiques pendant le confinement

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

De quoi a-t-on rêvé pendant le confinement ? Une dure épreuve pour notre cerveau. Une chercheuse du centre de neurosciences de Lyon a travaillé la question et s’est lancée dans l’analyse de nos rêves et de nos cauchemars.

#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Pendant le confinement, le sommeil a été perturbé et les rêves étaient souvent étranges et forts. Il faut dire que cette période a bousculé les organisations de vie et les habitudes avec en plus un fort stress, lié au virus et à ses inconnues. Perrine Ruby, chargée de recherche à l’Inserm, se plonge dans nos rêves depuis de nombreuses années. Début avril, la chercheuse du centre de neurosciences de Lyon a lancé une enquête sur "le sommeil et les rêves en temps de confinement". Aujourd'hui, elle en est à plus de 6 000 réponses, de quoi commencer un travail scientifique important auquel vous pouvez participer en cliquant ici.

Plus de cauchemars, plus de rêves de travail et érotiques

Selon les premiers résultats de son enquête que la chercheuse a confiés au magazine Sciences et Avenir, 15% des personnes qui ont répondu à son questionnaire ont fait plus de cauchemars et 7% au contraire plus de rêves positifs : des rêves de fête, de balade sur la plage en famille, de survol de mondes merveilleux. Les sondés ont plus rêvé du travail mais ils ont aussi fait plus de rêves érotiques. La chercheuse l'explique assez simplement : comme l’activité sexuelle de ces personnes a baissé pendant le confinement de 30% en moyenne (même pour ceux qui étaient en couple), ces rêves érotiques sont une forme de compensation pour le cerveau.  

Les rêves, témoins des réactions de notre cerveau

S’adapter à l’isolement social, au recul de nos libertés, à l’incertitude face au virus, ne sont pas vraiment des choses faciles à gérer pour notre cerveau. Des neurologues, notamment de l’université de Swansea au Royaume-Uni, ont mené des expériences sur des patients confinés pour repérer ce que cela provoquait sur notre aire tegmentale ventrale. Une zone du cerveau qui abrite à la fois nos besoins de contact et de nourriture. Voilà pourquoi beaucoup d'entre eux ont compensé l’absence de relations par de bons petits plats. Les chercheurs voient aussi que le cortex ventral, une autre zone du cerveau, a beaucoup carburé pour gérer nos désirs bridés. Le cortex s'est même musclé, ce qui est très utile pour mieux appréhender la frustration. Finalement, les chercheurs voient aussi que nos rêves ont pleinement joué leur rôle d’adaptation émotionnelle pendant ce confinement.

Vous êtes à nouveau en ligne