Le billet sciences. Combien de temps un patient du Covid-19 reste-t-il contagieux?

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Une analyse récente faite à Singapour sur 240 cas montre que même un à trois jours avant l'apparition des symptômes, un patient peut être contagieux.

Avant d'envisager de relâcher le confinement, il faut savoir qui peut encore transmettre le Covid-19. Les chercheurs commencent  à avoir des éléments de réponse.

Pour éviter une nouvelle vague de l'épidémie, il faut isoler les personnes malades jusqu'à ce qu'elles ne soient plus contagieuses. C'est donc une question cruciale, au moment où le gouvernement cherche la bonne stratégie de sortie du confinement. Selon une étude publiée dans The Lancet mi-mars, et faite dans plusieurs hôpitaux en Chine, les chercheurs ont remarqué que les patients dont le test de dépistage était positif restaient contagieux entre 20 et 37 jours dès l’apparition de signes cliniques de la maladie, même s'ils n'avaient pas de symptôme. De plus, une analyse récente faite à Singapour sur 240 cas montre que même un à trois jours avant l'apparition des symptômes, un patient peut être contagieux.

14 jours de confinement minimum

Même si la toux ou la fièvre cesse au bout de quelques jours, il faut faire un test de dépistage négatif pour être sûr d'être guéri, mais comme on ne teste pas tout le monde on ne sait pas précisément. C’est donc pour cette raison que plusieurs autorités sanitaires et l’OMS recommande de garder les personnes malades confinés pendant au moins 14 jours. En revanche, il est très difficile pour les scientifiques de savoir comment circule le virus au sein d’un foyer entre les parents, les enfants, les grands-parents.  D’autant qu’une étude de cas sur une jeune femme de Wuhan a montré qu’elle avait contaminé cinq membres de famille sans jamais elle-même présenter de symptômes.  

Impossible de se fier au début ou à la fin des symptômes

L'OMS estime qu'il y a un risque très faible de tomber malade en présence d'une personne sans symptôme. Mais c'est possible, comme le montrent les premiers résultats du professeur Xavier Duval de l’hôpital Bichat et de son équipe de l’Inserm, qui ont lancé une enquête sur 300 patients dès janvier et les premiers cas aux Contamines Montjoie, en Haute-Savoie. De simples postillons ou excrétions nasales de la part d’un porteur sain contiennent des particules virales capables d'infecter d’autres personnes. Les chercheurs estiment autour de 30% le nombre de cas sans symptômes, même s'ils discutent encore le chiffre. Mais on ne peut se fier ni au début ni à la fin de la fièvre ou de la toux pour savoir qui est contagieux et qui ne l’est plus. Pour l’instant, seuls des tests de dépistage massifs permettront de répondre à cette question.  

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