La star du violon Anne-Sophie Mutter, atteinte du coronavirus, partage sa passion de Beethoven sur les réseaux

La violoniste Anne-Sophie Mutter devant l\'affiche d\'un concert à Munich en septembre 2018.
La violoniste Anne-Sophie Mutter devant l'affiche d'un concert à Munich en septembre 2018. (PETER KNEFFEL / DPA)

C’est la star mondiale du violon classique. L'Allemande Anne-Sophie Mutter a annoncé ces jours-ci sur son compte facebook qu’elle était positive au Covid-19.

Anne-Sophie Mutter a annoncé elle-même sur son compte facebook qu’elle était positive au Covid-19. Dans sa courte vidéo (postée le 26 mars), la violoniste nous reçoit chez elle, en tenue sobre et "casual", pour un message simple, direct : "vous savez que je suis avec vous dans l'esprit" (...) "Maintenant je suis avec vous également par le Covid-19, car j'ai été testée positive" (...) "C'est une situation difficile pour un artiste de ne pas communiquer directement avec... vous. Mais des temps meilleurs viendront".  

Confinée toute seule à Munich

Dans la foulée, Anne-Sophie Mutter s'est confiée au grand quotidien Il Corriere della Sera, un journal italien car, pour la violoniste allemande, l’Italie est sa "seconde patrie". Et de faire cette promesse : donner un concert de bienfaisance à la Scala de Milan "dès qu’on pourra sortir"

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Confinée toute seule dans sa maison de Munich (la Bavière est l'Etat le plus touché d’Allemagne) Anne-Sophie Mutter ne sait toujours pas comment elle a attrapé le virus, à son troisième test, les deux premiers étant négatifs après des concerts à Londres et à Tokyo ("tous les spectateurs portaient des masques, c’était assez surréaliste", raconte-t-elle au journal italien). "Ce que va m’apprendre cette période d’isolement ?", se demande-t-elle. "Qu’il faut prendre soin de ceux qui prennent soin de nous, les médecins, les infirmiers et infirmières qui, en Allemagne aussi, sont sous-payés". 

"Beethoven avait mauvais caractère ? Moi aussi" 

Mutter, aujourd'hui 56 ans, fut découverte par Karajan à l’âge de 14 ans, il resta son mentor, comme le fut aussi un Kurt Masur, sans parler des plus grands chefs qui la dirigèrent, Ozawa, Barenboim, Rostropovitch. Star mondiale du violon (il y en a peu pour la concurrencer en notoriété), elle est une des rares (peut-être la seule) à posséder deux Stradivarius…


Beethoven. Le compositeur dont on célèbre le 250e anniversaire de naissance, et dont Mutter promène inlassablement dans le monde entier les dix sonates et le concerto est plus que jamais avec la violoniste. "Beethoven est, pour moi, le messager du passé vers un avenir meilleur", dit-elle sur facebook. Dans l’interview au Corriere della Sera, elle va plus loin, non sans humour, comme à son habitude. A la question "Que lui diriez-vous ?", elle répond : "Je lui dirais : Epouse-moi ! Il avait mauvais caractère ? Moi aussi !"

"Quarante ans après"

L'actualité Beethoven, pour la violoniste, est le Triple concerto qu’elle a réenregistré ("quarante ans après") avec ses vieux complices, le pianiste et chef Daniel Barenboim et le violoncelliste Yo-Yo Ma : "Une œuvre pas assez connue, solaire, sans drame, qui peut nous être d’un grand réconfort. C’est une conversation à trois, un bavardage entre amis, l’un commence à parler, l’autre continue, le troisième conclut"

En tout cas Anne-Sophie Mutter, très active sur les réseaux sociaux, aura mis en ligne quelques documents très forts. Comme cet hommage émouvant au grand compositeur polonais Krzysztof Penderecki, décédé ce week-end d’un cancer, dont elle avait enregistré les œuvres il y a 25 ans sous la direction du maître.

Et aussi, devant son petit jardin éclairé d’une belle lumière de printemps, l’Ave Maria que Gounod composa sur un thème de Bach, joué avec un masque de protection et un brûlant lyrisme "en hommage", écrit-elle, "aux héros en blanc et à tous les anges gardiens de la planète".

C’était le 20 mars, avant qu’elle soit déclarée positive. Et enfin, ce premier concert en "splitscreen" (posté le 27 mars) avec des musiciens du London Philharmonic Orchestra, extrait du Quatuor à cordes no 10 de Beethoven, plus connu sous le nom des Harpes. "Trouvez du réconfort dans la magnifique musique de Beethoven", conclut la violoniste. 

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